Territoires : la nouvelle bataille de l’attractivité

, mis à jour le 12/03/2026 à 15h40
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Évolution du nombre de projets industriels détectés

Qualité de vie, services publics, mobilité, emploi, environnement… Qu’est-ce qui rend aujourd’hui un territoire attractif ? La 3ème édition du Baromètre de l’attractivité des territoires - Aller de l'avant, malgré tout - menée par Ancoris (spécialiste du conseil en développement territorial et premier acteur dans la détection de projets d’investissements en France) et le groupe SCET (leader du conseil aux collectivités territoriales, filiale de la Caisse des Dépôts et rattaché opérationnellement à la Banque des Territoires), apporte un éclairage précieux sur les attentes des Français et sur les facteurs qui façonnent la compétitivité des régions et des villes. L’étude confirme une tendance forte : l’attractivité ne se joue plus seulement sur l’économie, mais sur un équilibre global entre dynamisme, qualité de vie et transition écologique.

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Dans un contexte de concurrence accrue entre régions et métropoles, l’attractivité territoriale est devenue un levier central de développement. Attirer des entreprises, retenir les talents, accueillir de nouveaux habitants : ces objectifs structurent désormais de nombreuses politiques publiques locales.
Mais les critères d’attractivité ont profondément évolué ces dernières années. Si l’emploi et le dynamisme économique restent déterminants, ils ne suffisent plus à eux seuls à faire la différence. Les habitants accordent aujourd’hui une importance croissante à la qualité de vie, à l’environnement ou encore à l’accès aux services publics.
Le baromètre met ainsi en évidence une mutation profonde : l’attractivité territoriale devient un concept multidimensionnel, où l’économie, le cadre de vie et les transitions écologiques sont étroitement liés.

Qualité de vie : un critère devenu central

Premier enseignement de l’étude : la qualité de vie s’impose comme un facteur déterminant dans les choix résidentiels. Espaces naturels, tranquillité, accès aux services, équipements culturels ou sportifs : autant d’éléments qui contribuent à l’image et à l’attractivité d’un territoire. Cette évolution s’est accélérée depuis la crise sanitaire. Le télétravail et la recherche d’un meilleur équilibre entre vie professionnelle et personnelle ont modifié les arbitrages des ménages. De plus en plus d’actifs se montrent prêts à s’éloigner des grandes métropoles pour bénéficier d’un cadre de vie plus agréable, à condition de conserver de bonnes connexions de transport et de numérique.
Pour les territoires, l’enjeu consiste désormais à conjuguer attractivité résidentielle et développement économique.

Mobilité et services publics, piliers de l’attractivité

L’accessibilité reste également un facteur déterminant. Un territoire bien connecté — par les transports ou par les infrastructures numériques — dispose d’un avantage concurrentiel évident. La question des mobilités est d’autant plus stratégique que les attentes évoluent rapidement. Les habitants souhaitent des déplacements plus simples, plus rapides et plus durables. Le développement des transports collectifs, des mobilités douces ou des solutions multimodales apparaît ainsi comme un levier clé d’attractivité. Dans le même temps, l’accès aux services publics constitue un autre pilier essentiel. Écoles, hôpitaux, services administratifs, équipements culturels ou sportifs : leur présence participe directement à la qualité de vie et à la capacité d’un territoire à attirer de nouveaux habitants.

L’environnement, nouvelle dimension de la compétitivité territoriale

Autre tendance forte mise en évidence par le baromètre : la montée en puissance des préoccupations environnementales. Les habitants se montrent de plus en plus attentifs à la qualité de l’air, à la présence d’espaces verts ou encore aux politiques locales de transition écologique. Pour les collectivités, cette évolution transforme les stratégies d’attractivité. Les projets urbains, les politiques de mobilité ou encore les actions en faveur de la biodiversité deviennent des marqueurs importants de l’identité territoriale. Autrement dit, la transition écologique n’est plus seulement une contrainte réglementaire : elle devient un facteur de différenciation et d’attractivité.

Un défi d’équilibre pour les collectivités

Pour les élus locaux, le défi consiste désormais à trouver le bon équilibre entre développement économique, qualité de vie et transition écologique. L’attractivité ne peut plus se construire uniquement autour d’un projet économique ou d’un grand équipement. Elle suppose une approche globale du territoire : urbanisme, logement, mobilités, environnement, services publics, innovation ou encore participation citoyenne. Le baromètre rappelle ainsi que les territoires les plus attractifs sont souvent ceux qui parviennent à articuler ces différents leviers dans une stratégie cohérente et de long terme.

Vers une nouvelle géographie de l’attractivité

Au fil des années, l’attractivité territoriale dessine une nouvelle géographie. Certaines métropoles continuent de concentrer les activités économiques et les emplois, tandis que des territoires intermédiaires ou ruraux gagnent en attractivité grâce à leur cadre de vie et à l’essor du télétravail. Cette recomposition ouvre de nouvelles opportunités pour de nombreux territoires. À condition d’investir dans les infrastructures, de valoriser leurs atouts et de construire des politiques publiques capables de répondre aux nouvelles attentes des habitants. Car au fond, l’attractivité territoriale repose sur une promesse simple : offrir un territoire où l’on peut à la fois travailler, vivre et se projeter durablement.
 

Danièle Licata, rédactrice en chef Zepros Territorial, décrypte enjeux publics et collectivités. Forte de 20 ans en presse économique, elle rend accessibles les sujets complexes avec passion et engagement.
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