Le secteur des Travaux publics est à la peine dans l'Ain... mais pas que

, mis à jour le 14/10/2026 à 17h33
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Renouveler les réseaux d’eau pour limiter les fuites : l’une des priorités défendues par les entreprises de travaux publics de l’Ain face au ralentissement de la commande publique

Alors que les appels d’offres reculent, les entreprises de travaux publics de l’Ain alertent sur les conséquences du report des investissements. Réseaux d’eau, routes, ouvrages d’art : elles demandent aux collectivités de préserver l’entretien du patrimoine et de programmer les opérations prioritaires.

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Une canalisation qui fuit, un pont qui se dégrade, une route à sécuriser : les besoins d’investissement ne disparaissent pas avec les contraintes budgétaires. Dans l’Ain, le secteur des travaux publics appelle à remettre ces équipements du quotidien au centre des décisions locales. Son message : entretenir, moderniser et adapter l’existant avant que les retards ne se traduisent par des interventions plus coûteuses.
Selon les données présentées par la profession, le nombre d’appels d’offres dans le département a diminué d’environ 20 % sur les huit premiers mois de 2026 par rapport à la même période de 2025. Un ralentissement qui fragilise un secteur représentant quelque 90 entreprises et environ 2 900 emplois locaux.

L’eau et les ouvrages, des urgences bien identifiées

Le département compte près de 8 900 kilomètres de voiries communales et intercommunales. Selon les chiffres avancés par la profession, 16 % des ouvrages d’art présentent des problématiques de sécurité. Autant de besoins qui imposent un suivi régulier et une programmation des interventions.
L’eau constitue un autre chantier majeur. L’Ain dispose de plus de 7 500 kilomètres de réseaux d’eau potable, mais près de 21 % de l’eau distribuée serait perdue dans les réseaux. Au rythme actuel, leur renouvellement intégral prendrait plus de 150 ans. Dans un contexte de sécheresses répétées et de tensions sur la ressource, réduire les fuites devient un enjeu de continuité du service autant que de sobriété.
L’adaptation climatique renforce ces exigences. La profession indique que 84 % des habitants vivent dans une commune exposée au risque d’inondation. Cette donnée décrit l’exposition des communes, sans signifier que chaque habitation est directement menacée. Gestion des eaux pluviales, sécurisation des ouvrages et fiabilité des réseaux constituent néanmoins des leviers concrets pour réduire la vulnérabilité du territoire.

Programmer les travaux pour préserver les compétences

« Nous alertons sur un risque plus large et collectif », souligne Vincent Picard, président de la section Travaux publics de la Fédération du bâtiment et des travaux publics de l’Ain. Pour lui, reporter durablement les investissements dans l’eau, les routes ou l’adaptation climatique finit par avoir des conséquences pour les habitants.
L’alerte dépasse le département. D’après les chiffres communiqués par la profession, l’activité nationale des travaux publics recule de 7,4 % depuis le début de l’année et les prises de commandes chutent de plus de 22 %. En Auvergne-Rhône-Alpes, le volume des appels d’offres diminue de 28,2 %. La contraction de la commande publique menace ainsi les emplois et les compétences nécessaires aux futurs chantiers.
Face à cette situation, les entreprises proposent trois leviers : établir une programmation pluriannuelle donnant de la visibilité, concentrer les moyens sur les investissements les plus utiles aux habitants et accélérer les opérations déjà étudiées, autorisées ou programmées.
Pour les collectivités, l’enjeu consiste à hiérarchiser les besoins dans des budgets contraints. Pour les entreprises, disposer d’un calendrier, même lorsque tous les travaux ne peuvent démarrer immédiatement, permet de mieux anticiper leur activité. Une visibilité indispensable pour conserver la capacité d’intervenir demain sur les infrastructures du territoire.

Danièle Licata, rédactrice en chef Zepros Territorial, décrypte enjeux publics et collectivités. Forte de 20 ans en presse économique, elle rend accessibles les sujets complexes avec passion et engagement.
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