Action Cœur de Ville 3, c’est parti jusqu’en 2032 !
Antoine Saintoyant, directeur de la Banque des Territoires, a présenté ce jour, à l’occasion de la 8ème éditions des Rencontres Action Cœur de Ville organisées à Laval, les engagements de la banque pour la troisième phase du programme. Elle mobilisera 4,3 milliards d’euros pour la troisième phase d’Action Cœur de Ville. Un horizon bienvenu pour les 244 villes du programme. Avec un défi : transformer les financements en logements habités, en commerces ouverts et en projets enfin débloqués.
À Laval, le 6 novembre, la Banque des Territoires a annoncé 70 millions d’euros de subventions pour cofinancer l’ingénierie, 4 milliards de prêts et 230 millions d’investissements en fonds propres. Une précision mérite de rester visible derrière le montant global : l’essentiel de l’enveloppe sera prêté. Ces moyens permettront d’investir, avec des remboursements à inscrire dans les budgets locaux. « La troisième phase du programme sera celle de l’aboutissement », promet Antoine Saintoyant, directeur de la Banque des Territoires. Les élus pourront prendre la formule au mot.
Cette nouvelle étape porte aussi une ambition d’équilibre territorial. Intervenue en visioconférence, Françoise Gatel, ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation a souligné : « En renforçant les villes moyennes et les petites villes, on fait vivre les territoires qui les entourent. » Un rappel utile : les commerces, les logements et les services d’un centre-ville participent à la vitalité de tout un bassin de vie.
S’occuper aussi des projets qui résistent
Depuis 2018, la Banque des Territoires indique avoir engagé 7,3 milliards d’euros et soutenu près de 9 500 projets dans le cadre du programme. Le bilan compte. Mais la prochaine étape sera aussi jugée sur les opérations qui n’ont toujours pas trouvé leur chemin : foncier pollué, montages complexes, absence d’opérateur ou marché immobilier trop fragile. L’établissement annonce justement des moyens dédiés à ces difficultés et un soutien renforcé aux villes confrontées à des trajectoires économiques ou démographiques défavorables. « Nous mettrons nos moyens au service des projets les plus complexes et des villes qui en ont le plus besoin », assure Antoine Saintoyant. Voilà un engagement à suivre de près. Une ville dont les projets attirent spontanément les investisseurs et une autre qui cherche depuis des années un repreneur pour son îlot ancien n’abordent pas la revitalisation avec les mêmes cartes. Les critères d’attribution des ressources supplémentaires, annoncés comme objectifs et partagés, donneront sa portée concrète à cette promesse.
L’ingénierie sera déterminante. À Saint-Quentin, des études cofinancées ont ainsi permis de trouver un opérateur hôtelier pour le Palais Art déco. L’évaluation menée par la Banque des Territoires montre également que trois collectivités sur quatre ayant bénéficié d’un cofinancement d’études ont ensuite contracté au moins un prêt. Préparer les projets reste une condition de leur réalisation.
La vraie mesure, c’est la vie qui revient
Les exemples présentés rappellent ce que peut produire une politique suivie. À Grasse, six immeubles du XVIIIe siècle, vides depuis sept ans, ont été transformés en dix-sept logements sociaux, dont dix destinés à des étudiants. À Dole, la vacance commerciale est passée de 14 % à un peu plus de 9 % entre 2018 et 2022. À Mont-de-Marsan, l’îlot Laulom a permis de créer un espace vert en plein centre. Du logement, du commerce... et de la fraîcheur : les habitants peuvent en apprécier directement les effets. La Banque des Territoires entend poursuivre sur ces fronts, tout en accompagnant le développement économique local. Elle prévoit notamment de renforcer les foncières de revitalisation, avec l’ambition qu’aucune ville du programme n’en soit dépourvue.
Les interventions pourront également dépasser le périmètre du centre lorsque sa dynamique l’exige, notamment pour les mobilités et l’adaptation climatique. Une approche cohérente : l’attractivité d’une rue commerçante dépend aussi de la façon dont on y accède et du confort que l’on y trouve en été.
Faire du centre un lieu « où l’on a envie de vivre, de travailler et d’investir » : l’objectif formulé par Antoine Saintoyant est le bon. En 2032, la réussite se lira dans des fenêtres éclairées, des commerces qui durent et des espaces publics fréquentés. Les milliards annoncés devront avoir trouvé leurs habitants.