Fonction publique : un agenda social sous pression pour tenir la promesse du service public

, mis à jour le 19/01/2026 à 16h01
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Le 13 janvier, l’État et les partenaires sociaux ont ouvert une séquence clé pour l’avenir de la fonction publique.

Simplifier les procédures, protéger les agents, améliorer le logement et repenser les carrières : réunis le 13 janvier, l’État et les partenaires sociaux ont ouvert une séquence clé pour l’avenir de la fonction publique. Un agenda dense, pensé comme une réponse concrète aux tensions qui fragilisent aujourd’hui le service public. 

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C’est un signal politique fort envoyé aux agents comme aux employeurs publics. Réuni sous la présidence de David Amiel, ministre délégué chargé de la Fonction publique et de la Réforme de l’État, le Conseil commun de la fonction publique (CCFP) a donné le coup d’envoi de l’agenda social du premier semestre 2026. Objectif affiché : améliorer le quotidien des agents tout en sécurisant la continuité et la qualité du service public

Priorité numéro 1 : simplifier et sécuriser le droit de la fonction publique. Le projet de loi examiné vise notamment à pérenniser la titularisation des apprentis en situation de handicap et à consolider plusieurs dispositions juridiques devenues fragiles. Dans le même temps, des décrets doivent alléger certaines procédures RH, comme la publicité des postes, afin de faciliter les reclassements et de donner plus de souplesse aux employeurs locaux. 
Mais c’est sur le terrain très concret de la vie quotidienne des agents que les attentes sont les plus fortes. Le logement des agents publics de première ligne s’impose désormais comme un enjeu central. Dans le prolongement de l’adoption récente d’une proposition de loi sur le sujet, un groupe de travail national sera lancé fin janvier pour identifier des solutions opérationnelles, en lien avec les collectivités.

Autre sujet sensible : la montée des incivilités et des violences à l’encontre des agents au contact du public. Face à cette réalité, le gouvernement annonce la relance d’un projet de loi destiné à renforcer leur protection, tout en durcissant la lutte contre les risques de corruption. Une réponse attendue dans un contexte où le sentiment d’insécurité au travail progresse fortement dans la fonction publique. 

Enfin, l’exécutif ouvre un chantier structurant sur les carrières et les rémunérations. Un cycle de discussions mensuelles doit permettre de redessiner un modèle de progression salariale plus lisible, après plusieurs années marquées par l’inflation et le tassement des grilles. Des mesures immédiates sont annoncées, notamment sur les taux de promotion en catégories B et C, avec un horizon clairement assumé : préparer l’après-2027 sans fragiliser le service rendu aux usagers. 

Derrière cet agenda, un même fil conducteur : faire de 2026 une année utile, à la fois pour les agents, les employeurs territoriaux et les citoyens. Reste désormais à transformer ces annonces en leviers concrets, au plus près des réalités locales.
 

Danièle Licata, rédactrice en chef Zepros Territorial, décrypte enjeux publics et collectivités. Forte de 20 ans en presse économique, elle rend accessibles les sujets complexes avec passion et engagement.
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