L'éclairage solaire, un enjeu de sécurité majeur en Guyane
Zadkiel Saint-Orice, délégué aux infrastructures routières de la Collectivité Territoriale de Guyane, revient sur le déploiement de l’éclairage solaire sur les routes départementales. Une réponse concrète aux enjeux de sécurité, de continuité de service et d’adaptation aux réalités locales.
Pourquoi l’éclairage public est-il un enjeu particulièrement stratégique en Guyane ?
Au-delà du confort, c’est avant tout une question de sécurité. Nous sommes confrontés à des problématiques spécifiques, notamment le vol de câbles en cuivre, qui fragilise fortement les réseaux d’éclairage traditionnels. À cela s’ajoutent les accidents qui endommagent les installations. Maintenir un éclairage fiable devient donc un véritable défi.
Vous avez fait le choix de l’éclairage solaire. Pourquoi cette solution ?
L’objectif était de trouver une alternative durable et autonome. Le solaire permet de limiter les risques de coupure ou de vol de câbles et de s’affranchir du réseau électrique. Nous avons demandé à Fonroche Lighting, avec qui nous travaillons sur le projet, d’adapter les équipements, avec des mâts plus hauts – environ 8 mètres – et des dispositifs antivols, pour rendre les panneaux photovoltaïques beaucoup moins accessibles.
Quel bilan tirez-vous de ce premier déploiement ?
Le premier objectif est atteint : éclairer les routes. Les équipements fonctionnent, ils n’ont pas été dégradés et ils répondent à une forte attente des usagers. Rouler sur une route éclairée améliore à la fois la sécurité et le confort. C’est un vrai plus pour les usagers de notre réseau routier.
Ce type d’équipement s’inscrit-il aussi dans une logique d’investissement et de transition ?
Oui, avec des avantages multiples : pas de raccordement, peu d’entretien et des économies d’énergie. Le premier déploiement représente un investissement d’environ 900 000 euros. Fort de ce retour positif, nous préparons une deuxième phase plus ambitieuse, dont le coût est estimé autour de 2 millions d’euros. L’objectif est désormais d’étendre le dispositif à davantage de routes, notamment dans les zones isolées et enclavées, où les besoins en sécurité sont tout aussi nécessaires.