À Perpignan, rénover les logements sans écarter leurs habitants
Dans un quartier populaire de Perpignan, Bellevilles et Soliko s’associent pour rénover un immeuble de neuf logements et préserver des loyers abordables. Un projet qui conjugue amélioration énergétique, maintien des locataires et accompagnement social, avec un engagement sur vingt-cinq ans.
Face au marché quotidien de la place Cassanyes, un immeuble des années 1950 ouvre un nouveau chapitre. À l’angle du boulevard Aristide-Briand, ses 1 008 m² abritent neuf logements de 70 à 90 m² et une boutique solidaire en rez-de-chaussée. C’est à cette échelle, celle d’un bâtiment au cœur d’un quartier prioritaire, que Bellevilles et Soliko entendent agir contre le mal-logement.
Le montage repose sur une répartition des rôles : Soliko, société d’investissements solidaires, a acquis le foncier et l’immeuble. La foncière solidaire Bellevilles en prend en charge la rénovation et la gestion dans le cadre d’un bail emphytéotique de vingt-cinq ans. Cette durée doit permettre d’inscrire les engagements sociaux dans le temps long.
Améliorer le confort et préserver des loyers accessibles
Premier objectif : rénover les neuf logements pour qu’ils atteignent au minimum la classe C du diagnostic de performance énergétique. L’ambition est d’associer l’amélioration du bâtiment à la protection de ses occupants. Bellevilles s’engage ainsi à maintenir dans les lieux les habitants actuels et à préserver les loyers inférieurs au marché des logements conventionnés avec l’Agence nationale de l’habitat (Anah). D’autres conventionnements sont également envisagés. Il s’agit de logements privés conventionnés, et non d’un parc HLM. Leur attribution s’effectue sous conditions de ressources, à destination de ménages modestes et très modestes. Les autres appartements seront proposés à loyers modérés, avec des attributions orientées vers des ménages en situation de besoin. La gestion locative est confiée à l’agence immobilière à vocation sociale Habiter en Terre Catalane. Son équipe, qui compte six travailleurs sociaux, assure également un accompagnement des locataires. Une manière de relier l’accès au logement au suivi des difficultés qui peuvent fragiliser le maintien dans les lieux.
Un commerce solidaire au pied des logements
Au rez-de-chaussée, « Le Petit Magasin » poursuivra son activité. Exploitée par KIVI, entreprise sociale créée par Kiabi et le Groupe Vitamine T, cette boutique commercialise à prix accessibles des invendus neufs de la marque. Elle emploie des personnes en parcours d’insertion et accueille des activités destinées à rompre l’isolement. Le projet associe ainsi plusieurs fonctions dans un même bâtiment : habiter, travailler, consommer à prix modéré et entretenir le lien social. Il est financé en partie grâce à la levée de fonds de 1,5 million d’euros annoncée par Bellevilles en septembre 2026 auprès de la Banque des Territoires, de De Watou, de Foncière DERIM et de France Active.
Pour les acteurs du territoire, l’opération illustre une voie de réhabilitation du parc existant : améliorer les performances des logements tout en préservant leur vocation sociale et leur ancrage dans la vie du quartier.