Logements étudiants : la Banque des Territoires accélère la mobilisation des acteurs locaux
Au Printemps des Territoires 2026, la Banque des Territoires, le réseau des Crous et l’État ont affiché leur volonté d’intensifier la production de logements étudiants abordables. Objectif : répondre à une précarité devenue massive, tout en s’appuyant davantage sur les collectivités et les projets de transformation urbaine.
La crise du logement étudiant devient un enjeu territorial majeur. À l’occasion du Printemps des Territoires 2026 à Paris, Jeudi 21 mai, Antoine Saintoyant, directeur de la Banque des Territoires a rappelé l’ampleur de son engagement : " 100 milliards d’euros mobilisés d’ici 2030 pour le logement abordable, dont une part importante consacrée aux étudiants" a t-il précisé.
Un an après le lancement AGiLE mobilisera plus de 5 Mds € pour engager la production et réhabilitation de 75 000 logements sur 5 ans, aux deux tiers de logements sociaux pour les étudiants et un tiers aux loyers intermédiaires et libres, les premiers résultats commencent à émerger. « Déjà 27 000 logements ont été engagés avec l’ensemble des partenaires mobilisés », a indiqué Antoine Saintoyant, évoquant des opérations déjà visibles à Montpellier ou Bagnolet. Résidences rénovées, nouveaux programmes, soutien au logement social étudiant : les projets se multiplient avec l’appui des collectivités locales, des bailleurs sociaux et du réseau des Crous. « Grâce à cette mobilisation collective, nous sommes au plus près des réalités des territoires et surtout des étudiants », a-t-il insisté, saluant également l’implication de l’État et des universités.
De son côté, Bénédicte Durand, présidente du réseau des Crous insiste : « La première cause de précarité, c’est le logement ». Le constat est partagé par Philippe Baptiste, ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Espace : le coût du logement fragilise de plus en plus les étudiants. « 60 % des revenus des étudiants sont consacrés au logement », a-t-il rappelé, soulignant que cette charge devient insoutenable pour les publics les plus précaires.
Le réseau du Crous entend donc accélérer fortement la cadence. Sa présidente a rappelé que les Crous représentent aujourd’hui « plus de 175 000 places de logement » réparties sur l’ensemble du territoire, soit près de la moitié du parc social étudiant français.
La trajectoire affichée est ambitieuse : 10 000 nouvelles places doivent être produites dans les prochaines années. Déjà, 2 800 logements sont en construction et 3 600 autres programmés. « Le partenariat avec la Banque des Territoires nous apporte une dynamique d’accélération », a expliqué la présidente du Crous, évoquant aussi les nouveaux moyens d’ingénierie financés pour accompagner les projets locaux.
Réhabiliter, densifier, transformer
Au-delà de la construction neuve, les intervenants ont insisté sur la nécessité de transformer l’existant. « 85 % des logements de 2050 existent déjà », a rappelé Bénédicte Durand, plaidant pour une stratégie massive de réhabilitation et de requalification des bâtiments.
La transformation de bureaux vacants en logements étudiants ou résidentiels fait notamment partie des pistes privilégiées. La Banque des Territoires entend justement soutenir cette nouvelle génération de projets urbains. Parmi les opérations à Paris figure la transformation de l’ancien siège de Disney France, dans le 13e arrondissement de Paris, en résidence sociale étudiante de 400 logements.