EHPAD la confiance tient... mais l’écoute vacille

, mis à jour le 19/03/2026 à 12h21
Image
94 % des résidents se disent satisfaits de leur quotidien et 96 % se sentent respectés et en sécurité

Derrière une image souvent dégradée, les EHPAD bénéficient d’un socle de confiance réel. Mais l’enquête du label Vivre révèle une réalité plus nuancée : si les fondamentaux tiennent, la communication et l’écoute des résidents restent les grands défis d’un secteur sous tension

Partager sur

À rebours des idées reçues, la vie en EHPAD ne se résume pas à une crise permanente. Les chiffres sont sans appel : 94 % des résidents se disent satisfaits de leur quotidien, et 96 % se sentent respectés et en sécurité. L’hygiène et la qualité des soins sont largement saluées.
Du côté des familles, le constat est similaire. Une large majorité (94 %) se dit satisfaite de l’accompagnement de leurs proches. Quant aux professionnels, ils affichent un engagement massif, avec 97 % déclarant s’investir pleinement dans leur mission. Un tableau rassurant, qui montre que les fondamentaux du secteur tiennent bon ? Pas si simple.

Un quotidien plus contraint qu’il n’y paraît

Mais derrière cette satisfaction globale, le vécu quotidien révèle des fragilités. L’alimentation reste un point sensible, avec un résident sur cinq qui n’apprécie pas les repas. La vie sociale, elle aussi, peut s’avérer limitée : 14 % des résidents ne se sentent pas suffisamment occupés.
Plus préoccupant encore, la question de la réactivité des équipes. 15 % des résidents estiment que les interventions ne sont pas assez rapides en cas de besoin.
Autant de signaux faibles qui traduisent un enjeu central : transformer l’EHPAD en véritable lieu de vie, et non seulement en lieu de soin.

Le grand angle mort : la parole des résidents

C’est sans doute le point le plus marquant de l’enquête. Malgré un haut niveau de satisfaction, 17 % des résidents ont le sentiment de ne pas être écoutés. Un chiffre qui interroge directement la place donnée aux aînés dans leur propre quotidien.
Le déficit de communication est également criant : une majorité de résidents ne sont pas informés des départs de personnel, ni même des événements marquants de la vie de l’établissement.
Les familles partagent ce constat. Plus d’un quart d’entre elles déplore un manque d’information, et près d’un tiers pointe une circulation insuffisante des données au sein des équipes.

Des équipes engagées… mais à bout de souffle

Si l’engagement des professionnels ne fait aucun doute, les conditions de travail, elles, restent fragiles. Près de la moitié des équipes estime que les moyens humains sont insuffisants.
Une tension qui pèse directement sur la qualité du lien avec les résidents. Faute de temps, les soignants privilégient l’acte technique au détriment de l’accompagnement humain.
Résultat : près d’un professionnel sur cinq envisage de quitter son établissement, et autant songent à changer de métier dans les prochaines années.

Un enjeu clair : remettre l’humain au cœur

Au fond, le constat est simple : les EHPAD ne souffrent pas d’un déficit de qualité, mais d’un manque de temps, d’écoute et de circulation de la parole. Le défi des prochaines années sera donc moins de reconstruire que de rééquilibrer. Donner plus de place aux résidents, mieux informer les familles, et surtout redonner aux équipes les moyens humains d’accomplir pleinement leur mission. 

 

Danièle Licata, rédactrice en chef Zepros Territorial, décrypte enjeux publics et collectivités. Forte de 20 ans en presse économique, elle rend accessibles les sujets complexes avec passion et engagement.
Partager sur

Inscrivez-vous gratuitement à nos newsletters

S'inscrire