L’investissement local progresse sur la seule impulsion des grandes villes
Malgré les contraintes budgétaires, les communes et intercommunalités observées par la Banque des Territoires prévoient une hausse de 3,6 % de leurs investissements en 2026. Une dynamique portée par les grandes collectivités, avec une place croissante accordée à la transition écologique.
Les finances sont sous pression, mais les projets restent à l’agenda. Selon la deuxième édition de l’Observatoire des investissements des communes et intercommunalités de la Banque des Territoires, les intentions d’investissement progressent encore en 2026, après une année 2025 présentée comme record. En cette année de renouvellement électoral, le panel étudié affiche une hausse globale de 3,6 %.
Cette photographie repose sur l’analyse de plus de 150 budgets primitifs, principaux et annexes, issus d’une cinquantaine de collectivités. Près de 3 900 projets ont été examinés, représentant près de 4 milliards d’euros. Elle mesure donc les ambitions inscrites dans les budgets : leur réalisation effective reste à suivre.
Grandes villes et métropoles donnent l’impulsion
Derrière la progression d’ensemble, les trajectoires divergent. Les métropoles et grandes villes prévoient une hausse de 5 % de leurs investissements par rapport à 2025, tandis que les autres collectivités du panel enregistrent un recul de 3 %. Le maintien de l’effort n’a donc rien d’uniforme. Ces écarts invitent à regarder au-delà du chiffre global. Dans un contexte macroéconomique contraint, les collectivités ne disposent pas toutes des mêmes marges pour poursuivre leurs programmes. L’observatoire, lancé en 2025 pour cinq ans, doit permettre de suivre ces évolutions et de mieux comprendre les leviers de financement mobilisés. L’enjeu dépasse les seuls budgets locaux : le bloc communal porte près de 70 % des investissements publics locaux, rappelle la Banque des Territoires.
La transition écologique s’ancre dans les budgets
Autre enseignement : 38 % des projets analysés sont qualifiés de favorables à l’atténuation du changement climatique. Ils représentent plus d’un tiers des montants étudiés. À l’inverse, seuls 2 % des projets sont considérés comme défavorables, les autres étant principalement jugés neutres sur cet axe.
La transformation écologique prend également une place croissante dans les budgets annexes. Les subventions sont davantage orientées vers les projets les plus vertueux, tandis que l’emprunt demeure prépondérant : l’observatoire lui attribue près de 72 % du financement prévisionnel des investissements étudiés.
Les collectivités du panel expriment enfin leur volonté d’accroître leurs investissements verts dans les prochaines années. Reste à traduire cette ambition en réalisations, dans des équilibres financiers toujours serrés. Le suivi des budgets et des projets permettra de mesurer la distance entre les intentions affichées et les opérations effectivement engagées.