Décarboner la santé : les collectivités en première ligne

, mis à jour le 28/09/2026 à 15h41
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Bâtiments, mobilités, prévention : les collectivités disposent de leviers concrets pour réduire l’empreinte carbone du système de santé tout en maintenant une offre de soins de proximité

Le système de santé français représente près de 8 % de l’empreinte carbone nationale. Bâtiments, mobilités, restauration, prévention... les collectivités disposent de nombreux leviers pour réduire ces émissions tout en protégeant la santé des habitants.

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Soigner sans aggraver le mal : tel est désormais le défi posé au système de santé. Lors d’une conférence consacrée à la décarbonation du secteur, Cécile Gillet-Giraud, conférencière Santé au sein des Shifters, a rappelé l’urgence d’agir face à une « double contrainte carbone ». Le changement climatique favorise, en effet, la recrudescence de certaines pathologies et fragilise les services de santé, tandis que la raréfaction des énergies fossiles menace un système encore fortement dépendant du pétrole et du gaz.

D’après l’étude Décarboner la santé pour soigner durablement, publiée par The Shift Project en 2023, l’empreinte du secteur atteint environ 49 millions de tonnes de CO₂ équivalent, soit près de 8 % de l’empreinte nationale. Surtout, 87 % de ces émissions sont indirectes. Les médicaments et les dispositifs médicaux en concentrent à eux seuls environ la moitié.

Des leviers très concrets dans les territoires

Si une partie de la transformation relève de l’État, des établissements et de l’industrie, les collectivités peuvent accélérer le mouvement. Elles interviennent sur l’aménagement, les mobilités, la rénovation des bâtiments, la restauration collective ou encore la prévention. Autant de politiques qui influencent directement la santé des habitants et l’empreinte carbone des services sanitaires et médico-sociaux.

La feuille de route proposée par The Shift Project prévoit notamment de remplacer les chauffages au gaz et au fioul par des solutions bas carbone, de déployer des plans de mobilité dans les établissements, de limiter certains déplacements professionnels et de développer une alimentation locale, de saison, comportant davantage de repas végétariens.

Dans les territoires ruraux ou faiblement desservis, cette évolution suppose néanmoins de tenir compte des réalités locales. Décarboner ne peut signifier éloigner davantage les soins. Maisons de santé, centres de santé municipaux, transports à la demande, télémédecine accompagnée et coordination entre professionnels doivent permettre de concilier proximité et sobriété.

Faire de la prévention une politique territoriale

L’objectif fixé par la Stratégie nationale bas-carbone impose de réduire de 80 % les émissions du secteur de la santé d’ici à 2050 par rapport à 2020. Les seules améliorations techniques ne suffiront pas. The Shift Project insiste donc sur la prévention, la promotion de la santé et le « juste soin », afin de limiter en amont le développement des maladies et le recours évitable aux traitements.

Les collectivités disposent ici d’un rôle majeur. Qualité de l’air, habitat, alimentation, activité physique, végétalisation ou lutte contre l’isolement influencent directement l’état de santé de la population. Évaluer les politiques locales à l’aune de leurs effets sanitaires permettrait ainsi d’agir avant l’apparition des pathologies. Pour Cécile Gillet-Giraud, l’enjeu appelle deux réponses immédiates : « Agir et former ». Une manière de rappeler que la décarbonation de la santé se jouera aussi dans les communes, les intercommunalités et les départements.

Danièle Licata, rédactrice en chef Zepros Territorial, décrypte enjeux publics et collectivités. Forte de 20 ans en presse économique, elle rend accessibles les sujets complexes avec passion et engagement.
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