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Infrastructures : Clément Beaune veut réinventer le plan Freycinet

, mis à jour le 24/09/2026 à 14h35
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Le nouveau plan Freycinet défendu par Clément Beaune entend privilégier l’entretien, la modernisation et l’adaptation climatique des réseaux existants, en associant étroitement l’État et les collectivités territoriales

Réseaux vieillissants, urgence climatique, fractures territoriales et finances publiques sous tension : la France doit choisir où et comment investir. Clément Beaune, haut-commissaire à la Stratégie et au Plan, défend un nouveau plan Freycinet qui privilégie l’entretien, l’adaptation et les usages plutôt que la course aux équipements neufs.

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Routes, voies ferrées, réseaux d’eau, fibre, lignes électriques : la France ne manque pas d’infrastructures. Encore faut-il éviter qu’elles vieillissent plus vite que le pays. Dans son rapport " Quel aménagement du territoire français en 2050 ? Un plan Freycinet pour le XXIe siècle ", le Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan appelle à renouer avec une vision nationale de long terme. La référence n’est pas anodine. Lancé en 1879, le plan Freycinet prévoyait la construction ou la rénovation de 18 000 kilomètres de voies ferrées, 1 400 kilomètres de canaux et 76 ports. Mais sa version contemporaine ne consisterait pas à couvrir la France de nouveaux équipements. Elle placerait l’usage, la qualité du service et l’adaptation climatique avant la construction. « L’aménagement du territoire développe la compétitivité, réduit les inégalités, assure la cohésion et fait Nation », défend Clément Beaune, haut-commissaire à la Stratégie et au Plan.

Réparer avant de reconstruire

Le rapport invite à changer de paradigme : entretenir, régénérer ou reconvertir les équipements existants avant d’en créer de nouveaux. Fréquence des transports, fiabilité, sécurité, accessibilité et intermodalité doivent désormais compter autant que les kilomètres de voies ou de routes réalisés. Cette stratégie doit surtout préparer les réseaux à une France pouvant connaître une hausse moyenne des températures de 4 °C à l’horizon 2100. Pour préserver la continuité des services, le Haut-commissariat propose des lois de programmation pluriannuelles, un Fonds national d’adaptation climatique et une cartographie de l’état des réseaux. Selon les territoires, trois réponses devront coexister : protéger les infrastructures lorsque cela reste soutenable, créer des solutions de remplacement ou accepter de les déplacer, de les fermer temporairement et parfois de réduire le niveau de service. Le rapport introduit également la notion d’« infrastructures naturelles ». Une forêt, une zone humide, une nappe phréatique, un fleuve ou un cordon dunaire devraient peser dans les arbitrages autant qu’une route, un barrage ou une centrale.

Des services garantis dans tous les territoires

L’ambition pour 2050 est de garantir partout une énergie abordable et décarbonée, un accès numérique performant et une mobilité quotidienne accessible. Le rapport vise notamment le raccordement de 100 % des locaux à la fibre ou à une solution équivalente, la disparition des zones blanches et la création d’un jumeau numérique complet des infrastructures françaises dès 2035.

En matière de transports, les réponses seraient différenciées : renforcement des transports collectifs dans les zones urbaines, développement des services express régionaux métropolitains et décarbonation prioritaire de la route dans les espaces ruraux.

Cette nouvelle planification ne pourra plus être pilotée uniquement depuis Paris. Le Haut-commissariat recommande la création d’un comité des grands projets associant l’État et les régions, ainsi qu’une conférence nationale de l’aménagement du territoire tous les deux ou trois ans. Une manière de faire du nouveau plan Freycinet un projet partagé avec les collectivités, et non un catalogue d’infrastructures décidé d’en haut.

Danièle Licata, rédactrice en chef Zepros Territorial, décrypte enjeux publics et collectivités. Forte de 20 ans en presse économique, elle rend accessibles les sujets complexes avec passion et engagement.
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