Logement des agents publics : l’État lance une mobilisation territoriale pour préserver l’attractivité du service public
Face aux tensions immobilières qui fragilisent le recrutement et la fidélisation des agents publics, le gouvernement enclenche une mobilisation territoriale d’ampleur. David Amiel, ministre délégué chargé de la Fonction publique et de la Réforme de l’État, aux côtés d’Amélie de Montchalin et de Vincent Jeanbrun, veulent faire du logement des agents un levier stratégique pour garantir la continuité du service public.
Dans de nombreux territoires, la crise du logement ne se contente plus d’affecter les ménages : elle touche désormais directement le fonctionnement des services publics. Enseignants, soignants, policiers, agents territoriaux… lorsque les loyers explosent, que l’offre se raréfie ou que les distances domicile-travail s’allongent, le recrutement devient plus difficile et les démissions se multiplient.
En déplacement à Marseille le 18 février, David Amiel a annoncé la diffusion prochaine d’une circulaire aux préfets. Objectif : identifier les bassins de vie où les tensions immobilières entravent le recrutement public et bâtir des réponses locales adaptées. Dans des régions comme Provence-Alpes-Côte d’Azur, où la pression foncière est particulièrement forte, le logement est devenu un frein structurel à l’attractivité des métiers publics.
Des préfets en première ligne
Les préfets de région et de département seront mobilisés autour de trois missions : repérer les territoires prioritaires, coordonner les employeurs des trois versants de la fonction publique et activer les outils de la politique du logement en lien avec les collectivités.
Les stratégies territoriales sont attendues d’ici l’été. Les organisations syndicales seront associées localement au diagnostic et au suivi des actions, tandis qu’un groupe de travail national sur le logement des agents publics intégrera ces retours d’expérience. En parallèle, les travaux parlementaires se poursuivent sur une proposition de loi visant à faciliter l’accès au logement des travailleurs des services publics. Elle prévoit notamment la possibilité pour les employeurs publics de réserver des logements sociaux via des clauses de fonction et de mobiliser plus facilement du foncier public.
Une feuille de route nationale en trois axes
Au-delà de l’urgence territoriale, une stratégie nationale est structurée autour de trois priorités : produire davantage de logements dédiés aux agents publics, simplifier leur parcours résidentiel et mieux informer sur les dispositifs existants. Le pilotage est confié à la Direction générale de l’administration et de la fonction publiques (DGAFP).
Cette mobilisation s’inscrit dans le plan « Relance Logement » présenté par le Premier ministre le 23 janvier, qui prévoit notamment un soutien de 500 millions d’euros au logement social dans le budget 2026.
« On ne peut pas assurer le service public sans loger ceux qui le font vivre », a rappelé David Amiel. Derrière la question immobilière se joue en réalité un enjeu plus large : celui de l’attractivité durable des métiers publics et de la capacité des territoires à garantir, partout, un service public de qualité.