Municipales 2026 : quand le vote local compte double
Les 15 et 22 mars prochains, les électeurs ne choisiront pas seulement leur maire. Ils désigneront aussi, souvent sans le savoir, celles et ceux qui piloteront l’intercommunalité. À deux mois du scrutin, Intercommunalités de France lance une vaste campagne pour lever le voile sur un enjeu démocratique encore largement méconnu.
Le rendez-vous électoral de mars 2026 s’annonce plus stratégique qu’il n’y paraît. Municipales et intercommunales se dérouleront simultanément, mais cette double dimension du vote reste largement ignorée du grand public. Selon un sondage Ifop dévoilé par Intercommunalités de France, seuls 31 % des Français savent qu’en votant pour leur conseil municipal, ils élisent aussi leurs représentants à l’intercommunalité.
Un paradoxe, tant les intercommunalités – communautés de communes, d’agglomération ou métropoles – gèrent des compétences clés du quotidien : développement économique, mobilités, gestion des déchets, eau, urbanisme ou transition écologique. « Mieux informer les citoyens sur le sens de leur vote est un impératif démocratique », insiste l’association, qui fédère près de 80 % de la population française.
Pour y remédier, Intercommunalités de France déploie une campagne digitale d’ampleur : vidéos pédagogiques, document explicatif de 16 pages, contenus pour les réseaux sociaux, et partenariats avec Jamy Gourmaud et Brut pour toucher les jeunes générations. Objectif : rendre visible un échelon souvent discret mais structurant de l’action publique locale.
Le message semble trouver un écho. Près de 9 Français sur 10 souhaitent désormais que les candidats à la présidence des intercommunalités se déclarent dès la campagne municipale, et qu’un fléchage plus lisible des élus intercommunaux soit généralisé. À l’heure où la démocratie locale est scrutée de près, le scrutin de mars pourrait bien marquer un tournant : celui d’un vote local enfin assumé… à double enjeu.