Mégothon 2026 : quand les territoires se mobilisent contre le fléau des mégots
Pendant une semaine, bénévoles, associations, collectivités et entreprises ont uni leurs forces pour rappeler qu’un mégot jeté au sol n’est jamais un déchet anodin. Pour sa quatrième édition, le Mégothon a franchi un nouveau cap avec plus d’un million de mégots ramassés et une présence dans 42 départements. Une mobilisation citoyenne qui gagne du terrain d’année en année.
Ils sont partout. Au pied des bancs, sur les trottoirs, aux abords des écoles, dans les parcs ou près des arrêts de bus. Souvent ignorés, les mégots constituent pourtant l’un des déchets les plus répandus dans l’espace public. Du 23 au 30 mai, des milliers de bénévoles se sont donc donné rendez-vous dans toute la France pour les traquer. Gants aux mains et sacs de collecte à la ceinture, ils ont participé aux 169 événements organisés dans le cadre du Mégothon 2026. Résultat : plus de 1,12 million de mégots ont été ramassés en une semaine. Un chiffre qui impressionne autant qu’il interroge sur l’ampleur du phénomène.
Une mobilisation qui change d’échelle
Quatre ans après sa création, le Mégothon a pris une nouvelle dimension. En 2023, l’opération n’en était qu’à ses débuts. En 2026, elle s’est déployée dans 42 départements contre 31 l’an dernier. Plus qu’une simple opération de nettoyage, le rendez-vous est devenu un véritable mouvement citoyen national associant collectivités, associations, entreprises et habitants autour d’un même objectif : réduire la présence des mégots dans l’espace public. Cette montée en puissance s’est également traduite par un format renouvelé. Aux opérations de collecte traditionnelles se sont ajoutés les Éco-Games organisés à Toulouse et à Lyon, ainsi que le festival The Clean Project à Paris. Une manière de sensibiliser un public plus large et de faire de la lutte contre les mégots un événement populaire et fédérateur.
Les collectivités en première ligne
Si le Mégothon repose sur l’engagement citoyen, il s’appuie aussi largement sur les collectivités locales. Partout en France, communes et intercommunalités sont confrontées aux coûts de nettoyage liés aux déchets abandonnés. Le mégot représente à lui seul un défi environnemental, financier et sanitaire. Derrière chaque collecte se cache en effet une question plus large : comment faire évoluer durablement les comportements ? C’est précisément la mission portée par Alcome, l’éco-organisme agréé chargé de la réduction des mégots dans l’espace public. Créé dans le cadre de la loi AGEC, il accompagne aujourd’hui près de 2 100 communes, représentant plus de 45 % de la population française. Distribution de cendriers, campagnes de sensibilisation, équipements de rue ou accompagnement opérationnel : les outils se multiplient pour encourager le bon geste.
Faire évoluer les habitudes
Au-delà des chiffres, les organisateurs insistent sur la dimension pédagogique de l’opération. L’objectif n’est pas seulement de ramasser des déchets mais de rendre visible une pollution souvent banalisée. Chaque mégot collecté devient un support de sensibilisation. Chaque opération rappelle qu’un simple geste individuel peut avoir des conséquences durables sur l’environnement urbain, les cours d’eau ou les espaces naturels. Pour Vincent Zappia, président d’Alcome, " le succès du Mégothon démontre que le changement de comportement est possible dès lors qu’il repose sur la mobilisation collective et la sensibilisation ". Un message qui trouve un écho particulier auprès des collectivités engagées dans les démarches de propreté urbaine et de transition écologique.
Une dynamique appelée à durer
Avec plus d’un million de mégots collectés, l’édition 2026 marque une nouvelle étape dans la structuration du mouvement. Mais pour les organisateurs, le véritable indicateur de réussite ne se mesure pas uniquement en nombre de déchets ramassés. Le succès du Mégothon réside aussi dans sa capacité à fédérer des acteurs très différents autour d’une même cause et à inscrire progressivement le bon geste dans les habitudes du quotidien. À l’heure où les collectivités cherchent à réduire les coûts liés à la propreté urbaine et à renforcer la sensibilisation environnementale, cette mobilisation pourrait bien devenir un rendez-vous incontournable des territoires engagés.