, mis à jour le 05/02/2026 à 15h09

Palmarès 2026 : ce que les villes et villages où il fait bon vivre disent des attentes des Français

Alexandre Saussez
Trésorier
association Villes & Villages où il fait bon vivre
Image
La qualité de vie arrive en tête pour 80 % des Français, toutes générations confondues

À l’approche des élections municipales de 2026, le Palmarès Villes & Villages où il fait bon vivre s’impose plus que jamais comme un Baromètre des attentes des Français. Santé, sécurité, qualité de vie : cette 7ᵉ édition marque un tournant méthodologique avec de nouveaux critères et le lancement d’une cartographie communale inédite. Entretien avec Alexandre Saussez, trésorier de l’association.

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Le Palmarès 2026 vient d’être dévoilé ; avant d’entrer dans les détails de la 7ème édition, comment est-il construit ?

Le Palmarès concerne les 34727 communes de métropole et est construit sur 197 critères qui proviennent pour l’essentiel de l’Insee, avec des résultats pondérés sur la base du sondage national réalisé, en amont, par l’institut OpinionWay. L’édition 2026, comme chaque année, apporte son lot de nouveaux critères autour de la santé, la sécurité et ls transports.  

Quels sont les grands enseignements de cette nouvelle édition ?

Cette année, le Palmarès confirme à la fois une grande stabilité en tête de classement et de profonds mouvements dans le reste du tableau. Biarritz conserve la première place des villes où il fait bon vivre, suivie d’Annecy et d’Angers. Côté villages, Épron, Guéthary et Martinvast composent le podium.
Mais au-delà de ce top 10, nous observons de nombreuses progressions spectaculaires : 37 villes et 66 villages intègrent pour la première fois le TOP 500, et plusieurs communes gagnent plus de 50 places. Cela montre que les politiques locales portent leurs fruits et que les territoires peuvent évoluer rapidement lorsqu’ils investissent sur les bons leviers.

Vous dites avoir enrichi le Palmarès avec de nouveaux critères. Pourquoi cette évolution méthodologique en 2026 ?

Le Palmarès est un outil vivant. Chaque année, nous faisons évoluer nos critères en fonction des priorités exprimées par les Français. En 2026, nous avons intégré neuf nouveaux critères sur la sécurité, les transports et la santé. L’objectif est simple : coller au plus près de la réalité vécue par les habitants et fournir aux élus des indicateurs fiables, objectifs et comparables.

La qualité de vie reste le premier critère pour les Français. Comment l’expliquez-vous ?

La qualité de vie est une notion globale qui agrège de nombreux aspects du quotidien : environnement, services, mobilité, cadre urbain, tranquillité. Elle arrive en tête pour 80 % des Français, toutes générations confondues, même si les priorités varient selon l’âge. L'enseignement que l'on en tire est que les habitants ne jugent plus une commune sur un seul critère. Ils attendent un équilibre. Une ville attractive est aujourd’hui une ville qui sait concilier bien-être, sécurité, accès aux soins et services de proximité.

La sécurité progresse encore dans les préoccupations. Est-ce un signal fort adressé aux élus locaux ?

Oui, clairement. La sécurité est devenue une exigence centrale depuis plusieurs années et elle se stabilise à un niveau élevé. Les Français attendent des réponses concrètes, visibles et durables. En intégrant de nouveaux indicateurs comme les homicides ou les vols avec armes, nous avons voulu objectiver le débat et sortir des perceptions parfois approximatives. Le Palmarès permet justement d’éclairer ces sujets sensibles avec des données fiables.

Vous lancez cette année une cartographie communale. À quoi va-t-elle servir concrètement ? 

La cartographie communale est un outil de pilotage inédit. Elle permet à chaque commune, qu’elle soit labellisée ou non, d’accéder à un diagnostic précis de son territoire sur sept grands domaines : population, sécurité, qualité de vie, mobilité, emploi-économie, immobilier et finances. Pour les élus, c’est un levier stratégique : mieux comprendre leurs forces, identifier leurs fragilités, anticiper les risques et piloter plus efficacement leurs politiques publiques. C’est aussi un outil de transparence et de dialogue avec les citoyens.

À un an des municipales, le palmarès devient-il un outil politique ?

Je dirais plutôt qu’il devient un outil démocratique. Il ne s’agit pas de sanctionner, mais d’éclairer. Les élus ont besoin d’indicateurs objectifs pour rendre compte de leur action, valoriser leurs réussites et expliquer leurs choix. Dans un contexte de défiance et de fortes attentes citoyennes, disposer de données fiables est indispensable pour restaurer la confiance et renforcer la démocratie locale.

Quel message adressez-vous aux communes qui progressent… et à celles qui reculent ?

Aux communes qui progressent, je veux dire que leurs efforts sont visibles et reconnus. Aux autres, que rien n’est figé. Le Palmarès montre qu’en investissant sur la santé, la sécurité, les services et la qualité de vie, les trajectoires peuvent changer rapidement. C'est d'ailleurs tout le sens du label Villes et Villages où il fait bon vivre : permettre aux 3 140 communes éligibles de valoriser leurs résultats auprès de leurs habitants, des entreprises et des nouveaux arrivants. Notre ambition est d’accompagner tous les territoires, quels que soient leur taille ou leur situation géographique, vers une action publique plus efficace, plus lisible et plus proche des attentes des Français.

 

Danièle Licata, rédactrice en chef Zepros Territorial, décrypte enjeux publics et collectivités. Forte de 20 ans en presse économique, elle rend accessibles les sujets complexes avec passion et engagement.
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