Restauration scolaire : le département de l’Yonne en première ligne face aux incertitudes du traité UE-Mercosur

, mis à jour le 02/02/2026 à 15h41
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sa politique de restauration scolaire repose sur des approvisionnements strictement encadrés

Alors que le traité commercial UE-Mercosur continue de susciter de vives inquiétudes dans les territoires, le Département de l’Yonne (89) réaffirme son engagement en faveur d’une restauration scolaire sûre, traçable et conforme aux standards européens. Un positionnement qui illustre le rôle croissant des collectivités dans la défense de la qualité alimentaire et de la souveraineté agricole.

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La question du contenu des assiettes scolaires dépasse largement le cadre de la restauration collective. Elle touche à la sécurité sanitaire, à la traçabilité des produits, mais aussi à la souveraineté alimentaire et au soutien aux filières agricoles locales. Dans ce contexte, l’actualité du traité UE-Mercosur ravive les préoccupations des collectivités, en particulier des départements, compétents en matière de restauration des collèges.
À Auxerre, le Département de l’Yonne a choisi de réaffirmer publiquement sa position. Dans le prolongement d’une motion d’opposition adoptée en assemblée départementale le 5 décembre dernier, la collectivité rappelle que sa politique de restauration scolaire repose sur des approvisionnements strictement encadrés, privilégiant les produits français ou d’origine européenne, dans le respect des normes sanitaires, environnementales et sociales.

Une politique d’achats encadrée et assumée

Depuis plusieurs années, le Département s’appuie sur des groupements d’achats rigoureux et des marchés publics exigeants afin de garantir un haut niveau de traçabilité. Pour les viandes entières, le risque sanitaire est aujourd’hui considéré comme maîtrisé. En revanche, une vigilance accrue est maintenue sur les produits transformés à base de viande – plats préparés, lasagnes, raviolis – dont l’origine et les conditions de production peuvent s’avérer moins transparentes.
Le Département encourage ainsi les équipes de restauration à privilégier le « fait maison », à partir de viandes fraîches ou surgelées entières, strictement conformes aux cahiers des charges. Un choix qui suppose des compétences en cuisine, mais qui permet un meilleur contrôle de la chaîne d’approvisionnement.

Origine des viandes : des règles claires dans les collèges

Dans les collèges publics de l’Yonne, le cadre est explicite. La viande de bœuf servie est exclusivement d’origine française ou européenne. La volaille fraîche provient d’abattoirs régionaux ou, à défaut, de l’Union européenne. Pour les produits transformés ou surgelés, les exigences de proximité, de qualité et de traçabilité restent également la règle.
Ces choix traduisent une volonté politique : refuser l’introduction de viandes issues de pays ne respectant pas les mêmes standards que ceux imposés aux producteurs français et européens. Une position jugée incompatible avec les valeurs portées par la restauration scolaire départementale.

Circuits courts et agriculture de proximité

Au-delà des viandes, les restaurants scolaires du Département favorisent, dès que possible, l’approvisionnement de proximité en fruits, légumes et céréales. Les circuits courts et les fournisseurs labellisés ou référencés sont privilégiés, en complément des marchés traditionnels.
Dans cette logique, le Département promeut activement la plateforme AgriLocal, outil de mise en relation entre acheteurs publics et producteurs locaux. Un levier supplémentaire pour soutenir l’agriculture de proximité tout en sécurisant les approvisionnements des collèges.

Des résultats au-delà des obligations réglementaires
Grâce à l’ensemble de ces dispositifs, les collèges de l’Yonne affichent un niveau d’approvisionnement de qualité supérieur à la moyenne nationale. Selon le Département, 33 % des produits servis relèvent de produits labellisés ou de qualité, dépassant les exigences fixées par la loi EGAlim.
Pour la collectivité, cette politique ne relève pas uniquement d’un affichage, mais d’un engagement durable en faveur de la sécurité alimentaire des collégiens, du respect des normes environnementales et sociales, et du maintien d’une agriculture française forte.

Les collectivités comme garantes de la souveraineté alimentaire

À travers cette prise de position, le Département de l’Yonne rappelle que les collectivités locales jouent un rôle clé dans la mise en œuvre concrète des politiques alimentaires. À l’heure des accords commerciaux internationaux, elles demeurent des acteurs de proximité capables de fixer des règles exigeantes et de défendre, à leur échelle, la qualité des repas servis aux jeunes générations.

 

Danièle Licata, rédactrice en chef Zepros Territorial, décrypte enjeux publics et collectivités. Forte de 20 ans en presse économique, elle rend accessibles les sujets complexes avec passion et engagement.
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