Fonction publique : le moral recule, l’engagement demeure

, mis à jour le 22/06/2026 à 19h37
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Si l’engagement reste élevé, le sentiment de reconnaissance demeure l’un des principaux points de fragilité.

Après l’amélioration observée en 2025, le moral des fonctionnaires repart à la baisse. Selon le baromètre annuel de la CASDEN Banque Populaire réalisé par Ipsos BVA, seuls 54 % des agents affichent un bon moral en 2026, soit huit points de moins qu’un an auparavant. Malgré ce climat plus morose, l’attachement au service public reste remarquablement solide.

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La fonction publique traverse une nouvelle zone de turbulences. Dans un contexte marqué par les contraintes budgétaires, les incertitudes économiques et les tensions sur les conditions de travail, le moral des agents se dégrade nettement. Le recul est particulièrement marqué chez les agents de la fonction publique d’État, les catégories B et les moins de 30 ans. Pour autant, le lien qui unit les agents à leur mission demeure intact. Près de neuf fonctionnaires sur dix (87 %) se sentent utiles à la société et 84 % se déclarent fiers de leur métier. Plus de deux tiers se disent encore motivés et épanouis dans leur activité quotidienne.

Une reconnaissance qui peine à suivre

Si l’engagement reste élevé, le sentiment de reconnaissance demeure l’un des principaux points de fragilité. Seuls 38 % des agents estiment être reconnus par la société et à peine 36 % se sentent véritablement valorisés. Les difficultés financières continuent également de peser. Près des deux tiers des fonctionnaires considèrent leur rémunération insuffisante et plus d’un agent sur deux déclare rencontrer des difficultés pour boucler ses fins de mois. Dans ce contexte, le principe d’une rémunération au mérite gagne du terrain, recueillant désormais l’adhésion de 69 % des agents.

Des conditions de travail toujours sous tension

Le baromètre met également en lumière un quotidien professionnel souvent complexe. Trois quarts des agents dénoncent des procédures administratives trop lourdes, une charge de travail excessive ou un manque d’information sur les décisions de leur administration. Plus préoccupant encore, près d’un fonctionnaire sur deux affirme être confronté à des incivilités ou à des agressions verbales de la part des usagers. Les enseignants apparaissent particulièrement exposés. Bien qu’ils demeurent fortement investis dans leur mission, ils affichent le niveau de pessimisme le plus élevé et sont les plus nombreux à signaler des difficultés matérielles ou des comportements agressifs.

L’intelligence artificielle s’impose

Autre enseignement de l’enquête : l’intelligence artificielle progresse rapidement dans les administrations. Près d’un agent sur deux l’utilise désormais dans ses missions, soit une hausse de dix points en un an. Mais cette évolution s’accompagne d’un déficit de formation : plus de sept agents sur dix estiment ne pas être suffisamment préparés à ces nouveaux outils.

Au final, le baromètre dessine le portrait d’une fonction publique sous pression mais loin du découragement. Malgré un moral en recul, les agents restent profondément attachés à leur mission de service public. Un équilibre fragile qui interroge les employeurs publics sur les réponses à apporter en matière de reconnaissance, de conditions de travail et d’attractivité des carrières.

Danièle Licata, rédactrice en chef Zepros Territorial, décrypte enjeux publics et collectivités. Forte de 20 ans en presse économique, elle rend accessibles les sujets complexes avec passion et engagement.
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