Santé mentale : les collectivités appelées à mieux reconnaître la charge émotionnelle de leurs agentes

, mis à jour le 15/06/2026 à 18h33
Image
Les métiers les plus exposés se retrouvent dans les secteurs de la petite enfance, de l’action sociale, de l’aide aux personnes âgées, de l’accueil du public ou encore des centres communaux d’action sociale

À l’occasion de la Journée internationale d’action pour la santé des femmes, la Mutuelle Nationale Territoriale (MNT) a lancé une campagne de sensibilisation consacrée à la charge émotionnelle dans les métiers territoriaux fortement féminisés. Une réalité encore trop souvent invisible, alors même que les femmes représentent près des deux tiers des effectifs de la fonction publique territoriale et occupent une place centrale dans les métiers du soin, de l’accompagnement et du lien social.

Partager sur

Accueillir des usagers en difficulté, accompagner des personnes fragiles, gérer des situations d’urgence sociale ou faire face à l’agressivité du public : pour de nombreuses agentes territoriales, l’engagement émotionnel fait partie intégrante du métier. Pourtant, cette charge psychologique reste rarement identifiée comme un risque professionnel à part entière.

Selon une étude du Groupe VYV publiée en 2026, 71 % des femmes déclarent supporter une charge mentale élevée dans leur activité professionnelle et leur souffrance psychique apparaît deux fois plus importante que celle des hommes. Un constat qui interpelle alors que la santé mentale a été érigée en grande cause nationale en 2026. Pour la MNT, cette réalité mérite désormais d’être pleinement intégrée aux politiques de prévention et de santé au travail des collectivités.

Un enjeu majeur pour les employeurs territoriaux

Les collectivités sont directement concernées. Les métiers les plus exposés se retrouvent dans les secteurs de la petite enfance, de l’action sociale, de l’aide aux personnes âgées, de l’accueil du public ou encore des centres communaux d’action sociale. « Cette charge émotionnelle reste encore trop peu visible alors qu’elle peut avoir des conséquences importantes sur la santé mentale et les parcours professionnels », souligne Coline Jean, directrice Gestion, Relation adhérents et employeurs, Marketing, Assurance et Services de la MNT. À terme, cette accumulation de tensions peut favoriser l’épuisement professionnel, accroître les risques psychosociaux et alimenter l’absentéisme, un sujet déjà particulièrement sensible dans de nombreuses collectivités.

La prévention comme levier d’action

Face à ces enjeux, la MNT renforce ses actions en matière de santé mentale. La mutuelle accompagne les collectivités dans la prévention des risques psychosociaux, l’amélioration de la qualité de vie au travail et l’accompagnement des managers confrontés à ces problématiques. Depuis 2025, les adhérents couverts par un contrat santé ou prévoyance peuvent également bénéficier du dispositif Vivoptim, qui propose un accompagnement personnalisé associant psychologues, experts en santé mentale, sophrologues ou encore coachs sport-santé. Des services de soutien psychologique, de téléconsultation avec des psychiatres et d’accompagnement au retour à l’emploi après un arrêt de travail complètent également cette offre de prévention.

Des initiatives concrètes dans les territoires

La MNT soutient par ailleurs plusieurs expérimentations destinées à améliorer les conditions de travail des agents territoriaux. Parmi elles, l’accompagnement du Centre communal d’action sociale de Tourcoing, qui a développé des espaces de déconnexion à destination des agents confrontés à des situations sociales particulièrement éprouvantes. Ces initiatives illustrent une évolution de fond : la santé mentale n’est plus uniquement une question individuelle, mais devient un enjeu organisationnel et managérial pour les employeurs publics locaux.

Faire évoluer les regards

À travers sa campagne nationale, articulée autour du message « Pour prendre soin des autres, il faut d’abord prendre soin de soi », la MNT souhaite ouvrir le débat sur une dimension encore insuffisamment reconnue du travail territorial.

Pour les collectivités, l’enjeu est désormais de mieux identifier cette charge émotionnelle, de former les encadrants à son repérage et de mettre en place des dispositifs permettant aux agents de préserver leur équilibre psychologique. Une condition devenue essentielle pour garantir la qualité du service public local tout en protégeant celles et ceux qui le font vivre au quotidien.

Danièle Licata, rédactrice en chef Zepros Territorial, décrypte enjeux publics et collectivités. Forte de 20 ans en presse économique, elle rend accessibles les sujets complexes avec passion et engagement.
Partager sur

Inscrivez-vous gratuitement à nos newsletters

S'inscrire