100 premiers jours du mandat des maires : entre élan et pression

, mis à jour le 18/02/2026 à 17h09
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73 % des élus interrogés déclarent vouloir améliorer le cadre de vie et le quotidien des habitants

Selon la consultation Ipsos réalisée pour le Sénat auprès de 1 010 élus locaux, les 100 premiers jours du mandat municipal sont perçus comme un moment stratégique, mais aussi fragile. Entre lancement des projets, tensions budgétaires et difficultés à constituer les équipes, les maires abordent 2026 avec détermination… et lucidité. 

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À quelques mois des municipales, la Délégation aux collectivités territoriales du Sénat a confié à Ipsos une large consultation sur les « 100 premiers jours du mandat municipal » (novembre-décembre 2025). Les résultats brossent le portrait d’élus motivés, mais confrontés à des contraintes croissantes.

Des motivations fortes, mais une lassitude réelle

Premier enseignement : l’engagement demeure. 73 % des élus interrogés déclarent vouloir améliorer le cadre de vie et le quotidien des habitants, 55 % souhaitent réaliser des projets structurants et 53 % assurer une bonne gestion administrative et financière. La proximité reste le moteur principal du mandat. Mais derrière cette volonté, la fatigue menace. Près d’un maire sur deux (44 %) indique avoir hésité ou renoncé à se représenter. Les principales raisons ? La difficulté à concilier mandat et vie privée (50 %), les tensions liées à l’exercice de la fonction (49 %) et le manque de moyens budgétaires (40 %). 
La constitution des équipes municipales s’annonce également délicate : 51 % des répondants jugent difficile la composition de leur liste, évoquant notamment la difficulté à susciter l’engagement (63 %) et les contraintes de parité (63 %). 

Priorité à l’organisation… et aux finances

Dans les premières décisions du mandat, les élus privilégient la mise en ordre institutionnelle : délégations de signature aux adjoints (60 %), élaboration d’un projet de mandat (53 %), organisation de la formation des nouveaux élus (50 %). Les 100 premiers jours sont d’abord un temps de structuration. 
Sur le plan budgétaire, la prudence domine. La recherche de subventions arrive largement en tête (68 %), devant la maîtrise de la masse salariale (43 %) et la réduction des dépenses publiques (37 %). Peu envisagent une hausse (7 %) ou une baisse (3 %) de la fiscalité locale. 
Les attentes à l’égard de l’État sont claires : qualité relationnelle avec le préfet (44 %), instruction rapide des subventions (40 %) et déblocage des situations complexes (36 %). L’ingénierie et l’accompagnement demeurent essentiels, notamment pour les petites communes. 

Un moment décisif, mais à sécuriser

Pour 60 % des élus, les 100 premiers jours constituent une période de lancement des projets ; 43 % les jugent décisifs pour la réussite du mandat. Mais les risques sont identifiés : aller trop vite (58 %), ne pas sécuriser juridiquement et financièrement les projets (43 %), ou encore négliger la concertation. Les réponses ouvertes insistent sur un besoin massif de formation et d’accompagnement, notamment pour les nouveaux élus : clarification des rôles, maîtrise des finances locales, compréhension des procédures administratives.
En résumé, la consultation révèle un paradoxe : les maires veulent agir vite, mais demandent plus de sécurité et de simplification. Les 100 premiers jours ne sont pas seulement un symbole politique. Ils sont perçus comme la clé de voûte d’un mandat sous tension, où l’organisation interne, la solidité financière et la qualité du dialogue avec l’État conditionnent la suite.

 

Danièle Licata, rédactrice en chef Zepros Territorial, décrypte enjeux publics et collectivités. Forte de 20 ans en presse économique, elle rend accessibles les sujets complexes avec passion et engagement.
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