Écoles : 50 millions d’euros pour faire face aux vagues de chaleur
Face à la multiplication des épisodes caniculaires, ACTEE, la Banque des Territoires, l’État et EDF lancent un plan d’urgence de 50 millions d’euros pour adapter les établissements scolaires aux fortes chaleurs. L’objectif : accompagner jusqu’à 12 500 écoles grâce à des solutions simples, rapides à déployer et peu énergivores.
Les épisodes de chaleur extrême ne sont plus exceptionnels. Dans de nombreuses communes, les écoles figurent désormais parmi les bâtiments les plus exposés aux conséquences du changement climatique. Classes surchauffées, inconfort des élèves et des enseignants, difficultés à maintenir les activités pédagogiques : les collectivités sont de plus en plus nombreuses à chercher des solutions concrètes. Pour répondre à cette urgence, ACTEE et la Banque des Territoires annoncent la mobilisation de 50 millions d’euros destinés à accélérer l’adaptation des bâtiments scolaires. Le dispositif vise à accompagner jusqu’à 12 500 écoles et bâtiments éducatifs partout en France.
Un diagnostic gratuit pour aider les collectivités
Premier volet du programme : l’ensemble des écoles pourra bénéficier d’un diagnostic entièrement financé afin d’identifier rapidement les aménagements les plus pertinents pour améliorer le confort d’été. L’objectif est d’apporter aux collectivités des solutions opérationnelles, adaptées aux spécificités de chaque bâtiment. Pour les 2 500 établissements les plus exposés, une aide forfaitaire de 15 000 euros permettra de financer des travaux d’urgence. Protections solaires, ombrières, brasseurs d’air, ventilation naturelle ou dispositifs de rafraîchissement passif figurent parmi les solutions privilégiées. Des capteurs pourront également être installés afin de mesurer l’efficacité des aménagements réalisés.
Miser sur le low-tech plutôt que sur la climatisation
Le programme s’appuie sur les travaux de recherche menés depuis 2025 par ACTEE dans une trentaine d’écoles pilotes. Les résultats montrent qu’une combinaison de protections solaires, de ventilation nocturne et de brasseurs d’air peut permettre de gagner entre 5 et 10 °C de confort ressenti dans les salles de classe, sans recourir à la climatisation. Plusieurs collectivités ont déjà expérimenté ces solutions. À Grabels, dans l’Hérault, les aménagements réalisés ont permis de réduire la température de 4 °C en classe et d’améliorer le confort ressenti de 7 °C. Des résultats similaires ont été observés en Savoie et dans les Alpes-Maritimes.
Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de rénovation et d’adaptation climatique du patrimoine scolaire. Depuis 2023, le programme EduRénov a déjà accompagné plus de 7 300 projets de rénovation d’écoles, dont près des deux tiers intègrent désormais la question du confort d’été. Pour les collectivités, l’enjeu dépasse la seule gestion des canicules : il s’agit désormais de préparer durablement les établissements scolaires aux conditions climatiques de demain.