Dis-moi dans quelle région tu vis, je te dirai dans quoi tu roules

, mis à jour le 08/07/2025 à 10h51
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La Peugeot 308 trône en tête dans toutes les régions

Boîte de vitesses, motorisation, prix ou ancienneté des véhicules : une vaste étude de CapCar révèle de profondes disparités entre les régions françaises en matière de voitures d’occasion. Entre préférences culturelles, contraintes de mobilité et réalités économiques, le territoire français dessine une cartographie automobile à plusieurs vitesses.

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En France, plus de 5,4 millions de voitures d’occasion ont changé de main en 2024, un record. Mais derrière cette dynamique se cachent des différences de choix marquées selon les régions. L’étude menée par CapCar, plateforme d’intermédiation automobile, dévoile une France où l’on ne roule pas dans la même voiture à Lille qu’à Marseille, à Nantes ou à Strasbourg.
La première fracture est technologique : celle de la boîte de vitesses. En Île-de-France, plus d’un véhicule vendu sur deux est désormais équipé d’une boîte automatique (51,1 %), une tendance portée par la densité urbaine et les embouteillages chroniques. À l’inverse, les Hauts-de-France, l’Occitanie ou le Grand Est restent fidèles à la boîte manuelle, avec 60 % des ventes. « Ces choix sont souvent dictés par la nature du cadre de vie, le pouvoir d’achat ou les habitudes de conduite locales », analyse Louis-Gabriel de Causans, co-fondateur de CapCar.
Autre clivage : le diesel. Si sa part chute en Île-de-France (22 %), il reste dominant dans des régions comme la Nouvelle-Aquitaine, le Grand Est ou les Hauts-de-France, où il représente encore plus de 40 % des ventes. Un paradoxe ? Pas vraiment. Ces territoires plus étendus, moins contraints par les ZFE (zones à faibles émissions), plébiscitent le diesel pour sa sobriété et son prix à l’achat. Mais la tendance pourrait évoluer. « Le recul des ZFE dans certaines villes pourrait atténuer les écarts et freiner le déclin du diesel en région », estime Guillaume Moriaucourt, Directeur marketing de CapCar.

Pouvoir d’achat, véhicules électriques et modèles préférés : la voiture, reflet du territoire

À l’heure de la transition écologique, l’électrique progresse peu… sauf exception. Si la moyenne nationale ne dépasse pas 4,2 % des ventes, le Pays de la Loire se démarque avec un impressionnant 9,2 %. Tissu urbain bien doté en bornes, pouvoir d’achat supérieur et politiques locales volontaristes expliquent cette avance. À l’inverse, le Centre-Val de Loire et la Normandie peinent à décoller, avec respectivement 2 % et 2,3 % de véhicules électriques.
Ces disparités se retrouvent aussi dans les prix : on achète plus cher à Lyon, Paris ou Nantes (environ 15 900 € en Auvergne-Rhône-Alpes, 15 700 € en Île-de-France), et bien moins cher en Bourgogne-Franche-Comté ou Grand Est (environ 12 000 €). Des écarts qui traduisent des arbitrages économiques, mais aussi des différences sur l’ancienneté des véhicules. L’âge moyen le plus bas est observé dans le Pays de la Loire (5,5 ans), contre 8 ans en Île-de-France, où les modèles premium sont plus nombreux et mieux entretenus.

Côté modèles, la Peugeot 308 trône en tête dans toutes les régions, tandis que les Renault Clio, Peugeot 208 ou Citroën C3 varient selon les territoires. Là encore, la voiture devient une grille de lecture sociale. « Le marché de l’occasion reflète à merveille les réalités locales. C’est une photographie sociale de la France qui roule », conclut Louis-Gabriel de Causans.
 

Danièle Licata, rédactrice en chef Zepros Territorial, décrypte enjeux publics et collectivités. Forte de 20 ans en presse économique, elle rend accessibles les sujets complexes avec passion et engagement.
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