Le cuivre gagne un an dans 8 000 communes
Faute d’un déploiement suffisant de la fibre optique, Orange reporte d’un an la fermeture commerciale de son réseau ADSL dans 8 000 communes. Un sursis technique qui révèle les fragilités persistantes de la transition numérique dans de nombreux territoires.
La fin programmée de l’ADSL devait marquer une étape décisive vers le tout-fibre. Prévue au 31 janvier 2026 pour la souscription de nouveaux abonnements, la fermeture commerciale du réseau cuivre est finalement repoussée d’un an pour près de la moitié des communes françaises. En cause : un déploiement de la fibre encore insuffisant dans de nombreux territoires.
Selon les documents publiés par Orange, quelque 8 000 communes, représentant environ 23 millions de logements et d’entreprises, restent concernées par ce report. Les habitants pourront ainsi continuer à souscrire une offre ADSL jusqu’au 31 janvier 2027. Pour 41 communes, la fermeture technique initialement prévue en janvier 2027 est même décalée à janvier 2028.
Ce réajustement illustre l’ampleur d’un chantier national hors norme. Engagé depuis 2025, le démantèlement progressif du réseau cuivre doit s’achever en 2030. Mais sur le terrain, la bascule vers le très haut débit reste inégale, notamment dans les zones rurales et périurbaines.
Entre exigence réglementaire et continuité de service
Orange assume ce report au nom de la continuité du service public numérique. Une position conforme aux recommandations de l’Arcep, qui conditionne toute fermeture du cuivre à une couverture fibre suffisante.
Ce pragmatisme contraste avec les choix d’autres opérateurs, comme Bouygues Telecom, qui a cessé toute commercialisation d’offres ADSL dès janvier 2025. Pour les collectivités, cette période transitoire soulève des enjeux concrets : éviter les ruptures de service, accompagner les publics fragiles et maintenir l’attractivité numérique des territoires.
Si le cuivre « fait de la résistance », il ne s’agit que d’un sursis. Mais ce délai supplémentaire rappelle une évidence : la transition numérique ne se décrète pas, elle se construit, commune par commune, au rythme des réalités locales.