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Budget 2027 : les collectivités urbaines refusent de sacrifier la transition

, mis à jour le 08/09/2026 à 17h12
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À l’approche du projet de loi de finances pour 2027, France urbaine alerte sur l’affaiblissement de la capacité d’investissement des grandes villes et intercommunalités

À l’approche du projet de loi de finances pour 2027, France urbaine alerte sur l’affaiblissement de la capacité d’investissement des grandes villes et intercommunalités. L’association réclame un plafonnement des prélèvements et de nouvelles marges de manœuvre pour financer les transports publics.

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Adapter les villes à une France plus chaude tout en réduisant leurs moyens : l’équation devient impossible. Après un été marqué par des événements climatiques majeurs, France urbaine appelle le Gouvernement et le Parlement à faire du budget 2027 une étape décisive pour l’adaptation et la décarbonation des territoires.

La France hexagonale s’est déjà réchauffée de 2,2 °C par rapport à l’ère préindustrielle et se prépare à une hausse de 4 °C en 2100. Les grandes villes concentrent des populations particulièrement exposées aux fortes chaleurs, mais disposent aussi de leviers essentiels dans les mobilités, la rénovation des bâtiments, l’énergie, l’eau et l’aménagement. Selon le rapport annuel 2026 du Haut Conseil pour le climat cité par France urbaine, les investissements climatiques des collectivités ont progressé de 18 % entre 2017 et 2023. Ils devront toutefois plus que doubler pour atteindre 19 milliards d’euros par an d’ici à 2030, d’après l’Institut de l’économie pour le climat, I4CE.

Deux collectivités sur trois repoussent leurs investissements

Cette accélération se heurte à une dégradation des finances locales. France urbaine estime que les lois de finances des deux dernières années ont représenté une facture nette cumulée de 7,8 milliards d’euros pour l’ensemble des collectivités. En 2026, les intercommunalités supporteraient à elles seules la moitié de cette contribution alors qu’elles représentent moins du quart des dépenses locales de fonctionnement. Les conséquences sont déjà visibles. Selon une étude menée par France urbaine auprès de ses membres, 66 % des collectivités interrogées prévoient de repousser ou d’étaler leurs investissements et 20 % envisagent d’abandonner certains projets. « Les grandes collectivités sont prêtes à prendre leur part pour répondre à l’urgence climatique, à condition de pouvoir investir, programmer et agir dans la durée », souligne Nathalie Appéré, première vice-présidente de France urbaine. Elle appelle le budget 2027 à donner aux territoires « les moyens concrets de maintenir des villes vivables dans une France à +4 °C ».

L’association demande que la contribution des collectivités soit proportionnée à leur poids réel dans le déficit public, évalué à 6 %, et répartie plus équitablement entre les différents niveaux territoriaux. Elle défend également un bouclier plafonnant l’ensemble des prélèvements à 2 % des recettes réelles de fonctionnement de chaque collectivité, ainsi qu’un moratoire sur les charges nouvelles imposées par l’État. Celles-ci auraient représenté plus d’un milliard d’euros par an entre 2021 et 2024, hors hausse des cotisations de retraite des agents territoriaux.

Un besoin de 34 milliards d’euros pour les transports

France urbaine place également le financement des transports publics au cœur du PLF 2027. Les autorités organisatrices doivent simultanément créer de nouvelles lignes, moderniser des réseaux vieillissants, décarboner leurs flottes et participer au déploiement des services express régionaux métropolitains. Leurs besoins sont estimés à 34 milliards d’euros d’ici à 2035. Or, le plafond du versement mobilité applicable aux grandes agglomérations hors Île-de-France n’a pas évolué depuis plus de quinze ans. L’association demande donc aux parlementaires d’autoriser son relèvement local, après concertation avec les employeurs. Cette mesure ne solliciterait aucun financement supplémentaire de l’État, mais donnerait aux territoires une marge de manœuvre comparable à celle accordée à Île-de-France Mobilités en 2023.

« Donner aux collectivités des moyens à hauteur des enjeux de desserte, c’est leur permettre d’agir concrètement pour le climat comme pour notre compétitivité », insiste Jean-Luc Moudenc, président de France urbaine. À travers le PLF 2027, l’association demande finalement à l’État de mettre en cohérence ses ambitions climatiques nationales avec les moyens accordés à ceux qui doivent les traduire sur le terrain.

Danièle Licata, rédactrice en chef Zepros Territorial, décrypte enjeux publics et collectivités. Forte de 20 ans en presse économique, elle rend accessibles les sujets complexes avec passion et engagement.
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