Les finances locales retrouvent des couleurs, mais restent sous haute surveillance
Alors que se prépare le prochain projet de loi de finances, la Cour des comptes dresse un constat nuancé de la situation financière des collectivités. Si leur déficit s'est réduit en 2025 et que leur santé financière demeure globalement favorable, de fortes disparités persistent entre territoires. La Cour appelle également à revoir les modalités de leur contribution au redressement des finances publiques.
Après deux années marquées par une forte dégradation, les finances locales montrent des signes d'amélioration. En 2025, le déficit des collectivités territoriales recule à 9,3 milliards d'euros en comptabilité nationale, soit 2,7 milliards de moins qu'en 2024. Cette amélioration s'explique notamment par une progression des recettes de fonctionnement, portée par le rebond des droits de mutation et une meilleure maîtrise des dépenses de fonctionnement.
Pour autant, la Cour des comptes invite à ne pas tirer de conclusions hâtives. Derrière cette photographie globalement positive se cachent des situations très contrastées. Les communes et les intercommunalités bénéficient d'une situation financière plus favorable, notamment grâce au dynamisme des impôts fonciers, tandis que les départements demeurent confrontés à la progression de leurs dépenses sociales. Au sein même de chaque catégorie de collectivités, les écarts restent importants : plusieurs milliers de communes, une centaine d'intercommunalités et seize départements présentent encore une épargne brute inférieure au seuil d'alerte.
Repenser la contribution des collectivités à l'effort national
Pour 2026, la Cour anticipe une nouvelle réduction du déficit local, qui pourrait être ramené à 4,4 milliards d'euros. Mais cette prévision reste entourée de nombreuses incertitudes, liées notamment au contexte économique, à la remontée de l'inflation et aux conséquences géopolitiques susceptibles d'affecter les recettes fiscales comme les dépenses des collectivités.
Au-delà des chiffres, la juridiction financière ouvre surtout le débat sur la participation des collectivités au redressement des finances publiques. Elle juge cette contribution légitime, compte tenu du poids des collectivités dans la dépense publique, mais estime que les dispositifs mis en place depuis 2025 atteignent leurs limites. Multiplication des mécanismes, manque de visibilité pluriannuelle, répartition inégale de l'effort entre les différents niveaux de collectivités ou encore effets insuffisamment péréquateurs : autant de points que la Cour invite le Gouvernement à revoir.
Les Sages formulent ainsi cinq recommandations, parmi lesquelles la définition d'une trajectoire financière pluriannuelle, une modulation des transferts financiers de l'État selon la capacité contributive de chaque catégorie de collectivités et une meilleure prise en compte des mécanismes de péréquation. L'objectif est clair : faire contribuer les collectivités à l'effort national tout en garantissant une répartition plus transparente, plus équitable et plus lisible des contraintes financières.