Consigne plastique : les collectivités dénoncent une fausse bonne idée
Alors que le gouvernement relance le débat sur la consigne des bouteilles plastiques, les principales associations de collectivités montent au créneau. Dans un dossier commun, elles estiment que ce dispositif constituerait une « fausse bonne idée » et proposent quatorze mesures alternatives pour améliorer le recyclage, réduire les déchets plastiques et renforcer le service public de gestion des déchets.
La bataille autour de la consigne des bouteilles plastiques est relancée. Mais du côté des collectivités, le message est clair : la priorité ne doit pas être la mise en place d'un nouveau système de collecte, mais le renforcement de celui qui existe déjà. Réunies autour de l'Association des maires de France (AMF), d'Intercommunalités de France, de France urbaine, du Cercle national du recyclage, de l'APVF, de Régions de France et de plusieurs autres associations, les collectivités dénoncent ce qu'elles qualifient de « fausse consigne ». Selon elles, le dispositif envisagé ne favoriserait pas le réemploi des emballages, mais uniquement le recyclage des bouteilles en plastique, sans réduire leur consommation.
Les élus rappellent que les collectivités ont déjà investi massivement dans l'extension des consignes de tri, la modernisation des centres de tri et la simplification du geste de tri pour les habitants. Ils estiment que les performances actuelles peuvent encore progresser, à condition de poursuivre les investissements et d'améliorer le financement du service public des déchets. Autre argument avancé : la consigne pourrait retirer aux collectivités une partie des bouteilles plastiques qui constituent aujourd'hui l'un des flux les plus valorisables, fragilisant ainsi l'équilibre économique du service public de gestion des déchets.
Quatorze propositions pour accélérer l'économie circulaire
Plutôt qu'un changement complet de modèle, les associations présentent quatorze propositions destinées à améliorer les performances de recyclage tout en confortant le rôle des collectivités. Parmi les priorités figurent le renforcement des campagnes de sensibilisation au tri, le développement de nouvelles modalités de collecte, l'amélioration du tri dans les entreprises, la lutte contre les dépôts sauvages ou encore la réduction à la source des bouteilles plastiques, conformément aux objectifs fixés par la loi AGEC. Les collectivités demandent également une meilleure prise en charge financière des coûts supportés par les services publics locaux, estimant que les financements actuels demeurent insuffisants au regard des obligations européennes.
Pour les associations, le véritable levier consiste moins à récupérer davantage de bouteilles qu'à réduire la production d'emballages plastiques à usage unique, améliorer leur recyclabilité et soutenir le réemploi, notamment des emballages en verre. Elles considèrent enfin que la réussite de cette transition passe par une coopération renforcée entre l'État, les industriels, les éco-organismes et les collectivités, qui restent les acteurs de proximité de la politique des déchets.