Inondations : le casse-tête des déchets enfin pris en compte

, mis à jour le 16/06/2026 à 16h51
Image
Déchets post-inondation : l’Astee et le CEPRI publient un guide pour aider les territoires à rebondir

Lorsque les eaux se retirent, une autre crise commence. Meubles détrempés, véhicules hors d’usage, matériaux souillés, déchets dangereux… Après une inondation, les collectivités doivent faire face à des volumes considérables de déchets qui compliquent le retour à la normale. Pour aider les territoires à mieux anticiper ces situations, l’Astee et le CEPRI publient un guide opérationnel destiné aux acteurs locaux. 

Partager sur

Lorsque les eaux se retirent, les territoires sinistrés doivent faire face à des volumes considérables de déchets : meubles détériorés, équipements électriques hors d’usage, matériaux de construction souillés, déchets verts, véhicules endommagés ou encore déchets dangereux. En quelques heures, ces flux exceptionnels peuvent saturer les dispositifs habituels de collecte et de traitement. Le guide rappelle l’exemple des inondations de 2023-2024 dans le Pays de Saint-Omer, où plus de 2 000 tonnes de déchets encombrants ont été collectées, contre seulement 150 tonnes lors d’une année normale. Le coût du traitement a dépassé 500 000 euros. Une illustration concrète des défis auxquels sont confrontées les collectivités lorsqu’elles doivent simultanément assurer la sécurité des habitants, maintenir les services publics et engager la reconstruction.

Un outil pratique pour préparer les territoires

Intitulé Anticiper la gestion des déchets post-inondation, le document a été conçu par l’Astee et le CEPRI avec le soutien de l’Ademe. Son ambition est de fournir aux collectivités une méthode directement mobilisable pour mieux anticiper les crises futures. Le guide propose notamment d’identifier les acteurs à mobiliser, de clarifier les responsabilités de chacun, de réaliser un diagnostic partagé des vulnérabilités locales et de construire un plan d’actions adapté aux spécificités du territoire. Il met également à disposition plusieurs outils pratiques : cartographie des acteurs, tableau de bord de diagnostic, calculateur des volumes de déchets potentiels ou encore check-lists pour préparer la gestion de crise.

Faire des déchets un levier de résilience territoriale

Au-delà de la seule gestion technique des déchets, l’Astee et le CEPRI invitent les collectivités à intégrer cette problématique dans leurs politiques de prévention des risques, d’aménagement du territoire et de continuité d’activité. Les auteurs rappellent que les intercommunalités, responsables du service déchets, ne pourront agir seules en cas de catastrophe et soulignent la nécessité d’une coordination étroite entre élus, opérateurs, gestionnaires de réseaux et acteurs de la prévention des risques. Dans un contexte de multiplication des événements climatiques extrêmes, cette publication entend transformer un angle mort de la gestion de crise en véritable outil de résilience territoriale. Une démarche qui pourrait rapidement devenir incontournable pour les collectivités exposées au risque d’inondation.

Danièle Licata, rédactrice en chef Zepros Territorial, décrypte enjeux publics et collectivités. Forte de 20 ans en presse économique, elle rend accessibles les sujets complexes avec passion et engagement.
Partager sur

Inscrivez-vous gratuitement à nos newsletters

S'inscrire