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, mis à jour le 10/06/2026 à 17h16

« Face au vieillissement de la population, les collectivités sont devenues des acteurs incontournables »

Benoît Combes
Directeur
Cap Seniors Aquitaine
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Depuis une dizaine d’années, les caisses de retraite travaillent avec les collectivités locales, les CCAS, les départements et de nombreux partenaires pour développer des actions de prévention destinées aux seniors

Prévenir plutôt que guérir. C’est la philosophie qui guide depuis près de dix ans l’action de Cap Seniors Aquitaine. À travers son programme « PRIP – Bien vieillir », l’association déploie partout sur le territoire des ateliers gratuits dédiés à la santé, à l’autonomie et au lien social. Pour Benoît Combes, directeur de Cap Seniors Aquitaine, la prévention constitue aujourd’hui un levier essentiel pour répondre au vieillissement de la population et lutter contre l’isolement des personnes âgées. 

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Pourquoi Cap Seniors Aquitaine a-t-il lancé le programme « PRIP – Bien vieillir » et quels sont ses principaux objectifs ?
Depuis une dizaine d’années, les caisses de retraite travaillent avec les collectivités locales, les CCAS, les départements et de nombreux partenaires pour développer des actions de prévention destinées aux seniors. Notre conviction est simple : la prévention doit être accessible à tous, y compris dans les territoires les plus ruraux et les plus éloignés des grands centres urbains. Avec le programme « PRIP – Bien vieillir », nous proposons des ateliers gratuits sur des thématiques variées : équilibre, nutrition, mémoire, sommeil, adaptation du logement, préparation à la retraite ou encore gestion du budget. L’objectif est double : permettre aux seniors de préserver leur autonomie le plus longtemps possible et lutter contre l’isolement, qui constitue aujourd’hui l’un des principaux facteurs de fragilité. Notre ambition est de toucher en priorité les personnes qui n’ont pas spontanément accès à ce type d’accompagnement. 

Vous intervenez sur l’ensemble du territoire aquitain. Quels enseignements tirez-vous de cette expérience de terrain ?

Notre première observation est que les besoins sont immenses, notamment dans les territoires ruraux. Beaucoup de personnes âgées vivent seules, parfois éloignées des services ou des professionnels de santé. Pourtant, lorsqu’on leur propose des actions adaptées et gratuites, elles répondent présentes. Nous avons également constaté que la prévention produit des résultats très concrets. Chaque année, nous évaluons les participants avant et après leur parcours afin de mesurer l’impact réel des ateliers. Les résultats montrent une amélioration des capacités physiques, du bien-être et, surtout, du maintien du lien social. Nous observons régulièrement que les personnes continuent à se voir après les ateliers, créant ainsi de véritables réseaux de solidarité de proximité. C’est sans doute l’un des résultats les plus précieux. 

Face au vieillissement de la population, quel rôle les collectivités locales ont-elles à jouer ?

Les collectivités sont devenues des acteurs incontournables du bien vieillir. Les maires, les élus et les CCAS connaissent parfaitement leurs habitants et leurs besoins. Sans eux, il serait impossible de déployer des actions de prévention à grande échelle. Nous travaillons quotidiennement avec les communes pour construire des réponses adaptées à chaque territoire. Certaines s’interrogent sur l’habitat des seniors, d’autres sur la lutte contre l’isolement ou encore sur le maintien à domicile. Notre rôle consiste à les accompagner, à leur apporter une expertise et des solutions concrètes. Ce partenariat fonctionne remarquablement bien parce que nous partageons le même objectif : permettre aux habitants de vieillir dans les meilleures conditions possibles. 

L’isolement est présenté comme l’un des grands défis du vieillissement. Comment agissez-vous sur le sujet ?

L’isolement est un enjeu majeur, en ville comme à la campagne. Une personne qui s’isole sort moins, pratique moins d’activité physique, entretient moins de relations sociales et devient plus vulnérable sur le plan psychologique comme sur le plan physique. Nos ateliers jouent un rôle très important pour recréer du lien. Les participants se retrouvent chaque semaine pendant plusieurs semaines. Ils apprennent ensemble, échangent leurs expériences et nouent des relations. Dans de nombreux cas, ces liens perdurent bien après la fin du programme. Nous savons aujourd’hui que favoriser les rencontres et maintenir une vie sociale active constitue une véritable action de prévention en matière de santé. 

Comment parvenez-vous à convaincre les seniors de participer à ces actions de prévention ?

C’est probablement notre principal défi. Les personnes qui ont le plus besoin de prévention ne sont pas toujours celles qui viennent spontanément vers nous. Il faut aller les chercher, les rassurer et leur expliquer l’intérêt de la démarche. C’est là que la coopération territoriale joue tout son rôle. Les collectivités, les CCAS, les médecins, les travailleurs sociaux, les associations ou encore les caisses de retraite nous aident à identifier et mobiliser les publics les plus fragiles. Grâce à ce travail collectif, plus de 22 000 personnes ont participé à nos actions l’an dernier. Cette mobilisation démontre que lorsque les acteurs locaux travaillent ensemble, il est possible d’atteindre des publics souvent éloignés des dispositifs classiques de prévention. 

Quelles sont les perspectives de Cap Seniors Aquitaine pour les prochaines années ?

Notre priorité reste la même : continuer à développer la prévention partout sur le territoire et toucher encore davantage de personnes éloignées de ces démarches. Nous souhaitons notamment sensibiliser des publics plus jeunes, car il est toujours préférable de commencer à prendre soin de sa santé à 55 ans qu’à 80 ans. Nous poursuivons également notre travail d’innovation. Nous développons de nouveaux formats, comme le « loto de la prévention », qui permet de transmettre des messages de santé de manière conviviale et accessible. Enfin, nous continuerons à renforcer nos partenariats avec les collectivités locales, qui demeurent des acteurs essentiels du bien vieillir. Face au vieillissement démographique, la prévention ne doit plus être considérée comme un complément : elle constitue désormais une véritable politique publique d’avenir. 
 

Danièle Licata, rédactrice en chef Zepros Territorial, décrypte enjeux publics et collectivités. Forte de 20 ans en presse économique, elle rend accessibles les sujets complexes avec passion et engagement.
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