Grand âge : les territoires appelés à réinventer l’habitat et l’autonomie

, mis à jour le 26/05/2026 à 10h48
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En 2050, la France comptera près de cinq millions de personnes de plus de 85 ans.

Face à la révolution démographique qui s’accélère, collectivités, État et acteurs privés cherchent de nouvelles réponses pour accompagner le vieillissement. Lors d’une table ronde organisée par la Banque des Territoires à l’occasion de la 7e édition du Printemps des Territoires, le 21 mai dernier, Camille Galliard-Minier, Ministre déléguée, chargée de l'Autonomie et des Personnes handicapées, Olivier Richefou, Président du Département de la Mayenne et Blandine de Traverse, Associée Fondatrice de La Maison de Blandine, ont plaidé pour un changement profond de modèle, fondé sur l’habitat partagé, la prévention et l’ancrage territorial. 

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D’ici 2030, un Français sur trois aura plus de 60 ans. En 2050, la France comptera près de cinq millions de personnes de plus de 85 ans. Pour Camille Galliard-Minier, Ministre déléguée, chargée de l'Autonomie et des Personnes handicapées, Olivier Richefou, Président du Département de la Mayenne et Blandine de Traverse, Associée Fondatrice de La Maison de Blandine réunis autour de la Banque des Territoires, le constat est sans appel : le vieillissement n’est plus une question de long terme, mais une urgence immédiate qui oblige à repenser l’organisation des territoires, du logement et de l’accompagnement de l’autonomie. 
« Le défi du grand âge est aussi un défi territorial », a rappelé Olivier Richefou en ouverture des échanges. Car tous les territoires ne vieillissent pas de la même manière. Entre métropoles, ruralités, territoires ultramarins ou départements fragilisés, les écarts de densité médicale, de niveau de vie ou encore d’accès aux services rendent impossible une réponse uniforme. L’enjeu est donc de construire des solutions adaptées aux réalités locales, tout en accélérant leur déploiement. 

L’habitat partagé comme alternative entre domicile et EHPAD

Au cœur des débats : le développement d’un habitat intermédiaire entre le maintien à domicile classique et l’EHPAD. Pour la ministre chargée de l’Autonomie, cette voie constitue désormais un axe central des politiques publiques. « Être chez soi, mais avec les autres » : c’est ainsi qu’elle résume la philosophie de ces nouveaux lieux de vie destinés à lutter contre l’isolement social tout en sécurisant le quotidien des personnes âgées. 
Résidences autonomie, habitats inclusifs, résidences intergénérationnelles ou habitats partagés : toute une palette de solutions est aujourd’hui encouragée. Le gouvernement souhaite accélérer leur développement à travers une « mobilisation pour et avec les personnes âgées », en associant collectivités locales, départements, acteurs privés et opérateurs publics. 

Parmi les initiatives mises en avant figure le modèle des « Maisons de Blandine », créé en 2017. Son principe : proposer de petites unités de vie implantées au cœur des communes, à proximité des commerces et des services. Chaque résident dispose d’un logement privatif tout en partageant de grands espaces communs et des activités collectives. « À cet âge-là, on a besoin d’être en lien avec les autres », explique sa fondatrice, qui insiste aussi sur l’importance de préserver la dignité et l’autonomie des habitants. 
Ces structures misent également sur la prévention en santé, le maintien du lien social et l’accompagnement jusqu’à la fin de vie. Un modèle qui séduit de plus en plus de territoires, mais qui reste confronté à plusieurs obstacles : coûts de construction, manque de visibilité des dispositifs, difficultés administratives ou encore absence de certains avantages fiscaux pour les résidents. 

Départements, communes et État appelés à agir ensemble

Les départements, chefs de file des politiques de solidarité, entendent eux aussi jouer un rôle clé dans cette transformation. Le président du groupe de travail « grand âge » de Départements de France a plaidé pour une gouvernance plus lisible et davantage coordonnée. « Quand on tient un volant à deux, ça marche rarement bien », a-t-il résumé, appelant à clarifier les responsabilités entre agences régionales de santé et collectivités départementales. 
L’élu regrette également que la question du vieillissement soit restée trop absente des dernières élections municipales alors même que les communes auront un rôle déterminant dans la mise à disposition du foncier et dans l’intégration de ces nouveaux habitats au tissu local. Pour lui, le grand âge doit devenir un véritable sujet de société et s’imposer dans le débat public national. 
Au-delà des financements, tous les intervenants ont insisté sur la nécessité de simplifier les parcours et de mieux faire connaître ces nouvelles offres d’habitat. Aujourd’hui encore, de nombreuses familles se tournent automatiquement vers l’EHPAD faute d’informations sur les alternatives existantes. « Il faut simplifier les choses », a insisté Olivier Richefou, évoquant un véritable « parcours du combattant » pour les proches aidants. 

Pour la ministre, cette transition démographique doit finalement être pensée comme « une opportunité » plutôt qu’une contrainte. Une manière de replacer la question du lien social, de l’intergénérationnel et de la place des aînés au cœur des territoires. « Construire ensemble une société où chacun a sa place », a-t-elle conclu, résumant l’ambition portée par cette mobilisation nationale autour du grand âge. 
 

Danièle Licata, rédactrice en chef Zepros Territorial, décrypte enjeux publics et collectivités. Forte de 20 ans en presse économique, elle rend accessibles les sujets complexes avec passion et engagement.
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