Les territoires au cœur de la santé de demain
Alors que les déserts médicaux restent une préoccupation majeure des Français, le Groupe SCET HTC invite à changer de regard. Dans la deuxième édition de son livre blanc consacré à la santé des territoires, il défend une approche plus globale : la santé ne dépend pas uniquement du nombre de médecins, mais aussi du logement, de l'urbanisme, des mobilités ou encore de la qualité de vie. Un défi qui place les collectivités au cœur de la prévention et de la coopération territoriale.
Près de 40 % des Français déclarent rencontrer des difficultés pour accéder aux soins, une proportion qui atteint 50 % dans les territoires ruraux. Plus d'un tiers estiment même vivre dans un désert médical. Face à cette réalité, les habitants se tournent naturellement vers leur maire, alors même que la santé demeure une compétence largement portée par l'État.
Pour le Groupe SCET HTC, cette situation appelle un changement de paradigme. Si la création de maisons de santé ou le recrutement de médecins restent indispensables, ils ne suffisent plus à répondre aux attentes des habitants. « La réponse ne se limite pas à produire davantage de soins. Elle se joue d'abord dans la capacité des collectivités à agir sur le cadre de vie et à faire converger l'ensemble des acteurs d'un territoire », souligne le livre blanc.
L'urbanisme, le logement, les mobilités, l'accès à la nature, la qualité de l'air ou encore la lutte contre l'isolement deviennent ainsi de véritables leviers de santé publique. Autant de politiques déjà conduites par les collectivités, mais qui gagneraient à être pensées dans une stratégie commune.
Les collectivités, chefs d'orchestre de la coopération territoriale
Pour les auteurs du livre blanc, la principale difficulté n'est plus tant de trouver des acteurs que de les faire travailler ensemble. Les collectivités disposent, selon eux, d'une position privilégiée pour fédérer professionnels de santé, établissements hospitaliers, bailleurs sociaux, associations, agences régionales de santé et services de l'État autour d'un projet partagé. Le document met en avant plusieurs expériences réussies, comme le Contrat local de santé de Bordeaux Métropole, qui mobilise plus de 180 partenaires, le bus itinérant « Parlons Santé » dans les 37 communes du Grand Narbonne ou encore la démarche participative conduite par l'agglomération de Plaine Vallée pour élaborer son diagnostic de santé avec les habitants. « La question n'est plus de savoir s'il faut agir pour la santé des habitants, mais comment le faire ensemble et dans la durée. Les collectivités n'ont pas vocation à piloter seules la santé ; elles ont en revanche la légitimité et la vision d'ensemble pour créer les conditions de la coopération territoriale », souligne Manon Vanberselaert, directrice du développement du Groupe SCET HTC. Elle rappelle toutefois que cette ambition suppose des moyens d'ingénierie, dont ne disposent pas toujours les plus petites collectivités.
Le Groupe SCET HTC appelle ainsi les élus à faire de la santé un fil conducteur de l'ensemble des politiques publiques locales. Une approche qui dépasse largement l'offre de soins et qui fait de la coopération territoriale un levier majeur pour améliorer durablement le bien-être des habitants.