Gens du voyage : à quand une loi d’urgence pour soutenir les maires ?
Après l’installation de près de 120 caravanes à Saint-Pierre-en-Faucigny, en Haute-Savoie, le sénateur Loïc Hervé appelle le gouvernement à accélérer l’examen d’une proposition de loi sur les occupations illicites. L’élu dénonce des situations de plus en plus difficiles à gérer pour les maires et les agriculteurs confrontés à des installations rapides et massives.
Les tensions autour des installations illicites de gens du voyage continuent de mobiliser les élus locaux. En Haute-Savoie, le sénateur centriste Loïc Hervé est monté au créneau après l’arrivée, le 3 mai, de près de 120 caravanes sur un champ à Saint-Pierre-en-Faucigny. Une occupation qui a suscité de vives inquiétudes parmi les agriculteurs et les habitants de la commune.
Le parlementaire estime que cet épisode illustre « les difficultés concrètes auxquelles sont confrontés les maires face à des installations rapides, souvent imprévisibles et juridiquement complexes à traiter dans l’urgence ». Une problématique devenue, selon lui, récurrente dans de nombreux territoires.
Une proposition de loi toujours en attente
Co-auteur d’une proposition de loi consacrée à cette question, Loïc Hervé presse désormais le gouvernement d’accélérer le calendrier parlementaire. Le texte avait été adopté par le Sénat le 10 février dernier, mais attend toujours son inscription à l’Assemblée nationale. Dans un courrier adressé au Premier ministre Sébastien Lecornu, le sénateur demande un examen « selon la procédure d’urgence ». « Les chiffres le démontrent : les installations illicites des gens du voyage sont croissantes et engendrent des difficultés considérables pour les élus locaux que nous côtoyons chaque jour », écrit-il. Le texte vise notamment à raccourcir les délais d’évacuation, renforcer les pouvoirs des préfets et simplifier les procédures administratives afin de permettre des interventions plus rapides des collectivités et des forces de l’ordre.
Les maires en première ligne
Pour de nombreux élus locaux, ces occupations mettent en lumière les limites des dispositifs actuels. Entre nécessité d’assurer l’ordre public, respect du droit et tensions avec les propriétaires fonciers, les communes se retrouvent souvent en première ligne. Le sujet revient régulièrement dans les débats parlementaires, notamment à l’approche de la saison estivale, période traditionnellement marquée par une augmentation des grands rassemblements itinérants. Au-delà des questions de sécurité ou de stationnement, les élus soulignent également les conséquences économiques pour les exploitants agricoles lorsque des terrains sont occupés plusieurs jours sans autorisation.