Anticiper aujourd'hui pour sauver les forêts de demain
Alors que les incendies se multiplient sous l'effet du changement climatique, Communes forestières France appelle l'État à changer de stratégie. Pour la fédération, il ne suffit plus de réparer les dégâts : il faut investir massivement dans la prévention, accompagner les collectivités et faire de la forêt une priorité nationale.
Les incendies qui frappent actuellement plusieurs territoires rappellent la vulnérabilité croissante des massifs forestiers français. Face à cette nouvelle vague de feux, Communes forestières France salue l'engagement des maires, des sapeurs-pompiers et de l'ensemble des acteurs mobilisés sur le terrain. Mais pour la fédération, une évidence s'impose : les collectivités ne pourront pas reconstruire indéfiniment si les moyens consacrés à la prévention ne sont pas renforcés. « Chaque nouvel incendie rappelle le coût humain, économique et environnemental de l'inaction », souligne la fédération, qui rappelle qu'un euro investi dans la prévention permet d'éviter près de 29 euros de dépenses liées aux dégâts et à la reconstruction. Dans un contexte budgétaire contraint, elle estime qu'une réduction des moyens consacrés à la forêt serait contre-productive. À l'inverse, elle plaide pour un investissement accru dans la gestion durable des massifs, leur adaptation au changement climatique et l'accompagnement des communes.
Au-delà de leur rôle environnemental, les forêts sont présentées comme des infrastructures naturelles indispensables. Elles contribuent au rafraîchissement des territoires, au stockage du carbone, à la préservation de la biodiversité, à la protection de la ressource en eau et à la stabilité des sols. « Les laisser disparaître par manque d'anticipation serait un échec collectif », avertit Communes forestières France.
Une cellule nationale pour aider les élus à anticiper les crises
Pour répondre à l'accélération des risques – incendies, sécheresses, tempêtes ou crises sanitaires –, la fédération propose la création d'une cellule nationale d'anticipation dédiée à la forêt et à la filière bois, déclinée dans les territoires. Cette structure aurait notamment pour mission d'analyser les risques, de construire des scénarios d'évolution des massifs forestiers, d'organiser la gestion du bois après les crises, de définir les besoins en équipements et de mettre les données à disposition des élus pour éclairer leurs décisions. « L'État ne peut plus se contenter d'une écoute bienveillante. Il doit désormais mettre en place les outils permettant d'anticiper plutôt que de subir », insiste la fédération. Un conseil d'administration extraordinaire se réunira d'ailleurs le 22 juillet afin d'évaluer les conséquences de cette nouvelle vague d'incendies et de préparer les mesures d'accompagnement des communes sinistrées.
En conclusion, Communes forestières France lance un appel clair aux pouvoirs publics : faire de la forêt une priorité politique, budgétaire et stratégique. « Il ne s'agit plus seulement de réparer les catastrophes. Il s'agit enfin de les anticiper », résume la fédération, convaincue que les collectivités ne pourront relever seules le défi de l'adaptation des forêts au changement climatique.