Incendies : l’État promet des moyens lourds pour reconstruire la Gironde et les Landes
Trois semaines après le mégafeu qui a ravagé 42 000 hectares et touché 18 communes en Gironde et dans les Landes, Sébastien Lecornu s’est rendu au Porge avec six ministres. Le Premier ministre a annoncé une mission de reconstruction et une enveloppe de 10 millions d’euros. Des engagements salués par le Département de la Gironde, qui réclame toutefois un accompagnement social et financier à la hauteur du désastre.
Accueilli le 17 août sous les huées de plusieurs habitants du Porge, qui lui reprochaient une visite tardive, Sébastien Lecornu a défendu la gestion de la crise. Le Premier ministre a notamment souligné les vies humaines épargnées, la protection des sites Seveso et des installations industrielles sensibles, ainsi que l’évacuation des populations « limitée au nécessaire ».
Entouré de six membres du Gouvernement, il a annoncé vouloir sortir « l’artillerie lourde » pour reconstruire les territoires sinistrés. Une mission dédiée doit coordonner l’action publique et faciliter la reprise des activités économiques, agricoles et touristiques. Une enveloppe de 10 millions d’euros a également été annoncée au bénéfice des collectivités concernées.
Le président du Département de la Gironde, Jean-Luc Gleyze, salue cette initiative et prend acte des mesures présentées. Il demande néanmoins que les démarches administratives, les procédures d’urbanisme et les indemnisations soient réellement simplifiées et accélérées. La bienveillance réclamée aux assureurs doit, selon lui, être « impérative », afin que les sinistrés n’aient pas à subir de nouvelles difficultés après la perte de leurs biens.
La reconstruction devra aussi être sociale et humaine
Le Département regrette cependant que l’accompagnement social ait été peu présent dans les annonces gouvernementales. À deux semaines de la rentrée scolaire, de nombreuses familles restent confrontées à des difficultés matérielles et psychologiques majeures. Relogement, accès aux droits, soutien aux personnes âgées ou handicapées, protection maternelle et infantile et suivi psychologique devront s’inscrire dans la durée.
Jean-Luc Gleyze a par ailleurs sollicité le président de la République pour obtenir un soutien financier lié aux conséquences de l’incendie de Saumos. L’État a confirmé qu’il prendrait en charge les coupes tactiques réalisées à la demande des sapeurs-pompiers. Le Département demande également une aide pour financer les dépenses exceptionnelles engagées par le SDIS de la Gironde : lors des incendies de 2022, celles-ci avaient atteint 10,5 millions d’euros.
Déjà mobilisée pour sécuriser les routes et accompagner les habitants, la collectivité souhaite figurer parmi les bénéficiaires de l’enveloppe de 10 millions d’euros. Elle promet de rester vigilante pour que les annonces se traduisent rapidement par des actions concrètes. Car, après l’urgence, la reconstruction devra répondre durablement aux défis humains, économiques et environnementaux laissés par le mégafeu.
À l’issue de cette rencontre, les trois exécutifs départementaux estiment toutefois que plusieurs demandes restent sans engagement ferme de l’État. Ils réclament notamment l’implantation d’une base de Canadair dans le massif des Landes de Gascogne, une mesure défendue depuis plus de vingt ans par les Landes et conjointement depuis 2022 par les trois départements. Si le réexamen du projet constitue une avancée, ils attendent désormais une décision « claire, ferme et rapide » afin d’intervenir sur les feux naissants. Ils demandent également des moyens aériens « plus puissants, plus robustes et plus efficaces », estimant que le modèle français de sécurité civile doit évoluer face à des incendies d’une nouvelle nature. Enfin, ils réitèrent leur demande d’augmenter la part de la taxe spéciale sur les conventions d’assurances consacrée au financement des SDIS. Une piste que le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur ont indiqué travailler pour 2027. Les trois présidents entendent rester vigilants afin que ces échanges débouchent rapidement sur des mesures concrètes.