Budget 2027 : l’Unccas dénonce une double peine sociale et territoriale
Prestations sociales gelées, aides au logement non revalorisées et 5,4 milliards d’euros d’économies réclamés aux collectivités : l’Union nationale des centres communaux et intercommunaux d’action sociale (Unccas) redoute que le budget 2027 fragilise simultanément les ménages modestes et les acteurs locaux chargés de les accompagner. Elle demande désormais au Parlement de corriger le tir.
Les ménages perdraient du pouvoir d’achat et les collectivités les moyens de leur venir en aide. Pour l’Union nationale des centres communaux et intercommunaux d’action sociale (Unccas), l’équation proposée par les projets de loi de finances et de financement de la Sécurité sociale pour 2027 est intenable. L’organisation, qui représente 4 200 CCAS et CIAS couvrant 9 600 communes, alerte sur une « rentrée sociale explosive », aggravée par le choc énergétique.
Le gel annoncé des prestations familiales et de la prime d’activité empêcherait ces aides d’évoluer au rythme de l’inflation. L’absence de revalorisation des aides personnelles au logement pèserait également sur les étudiants, les retraités modestes et les personnes déjà accompagnées par les services sociaux locaux. Pour l’Unccas, la conséquence est prévisible : une baisse du reste à vivre et une hausse des demandes adressées aux CCAS pour se nourrir, se vêtir ou se déplacer.
Les retraités ne seraient pas épargnés. Le Gouvernement table sur 5,5 milliards d’euros d’économies en limitant la revalorisation des pensions supérieures à 1 260 euros mensuels. Un seuil qui, selon l’association, ignore les dépenses liées au logement, à la santé, à la perte d’autonomie et à l’isolement.
Des communes appelées à absorber le choc
Cette pression sociale interviendrait alors que les collectivités devraient elles-mêmes réaliser 5,4 milliards d’euros d’économies. La nouvelle contribution progressive à l’effort budgétaire, évaluée à 2,5 milliards d’euros, concernerait les communes à hauteur de 40 %, ainsi qu’une large part des intercommunalités.
L’Unccas critique également la réduction du Fonds de compensation pour la TVA. Présenté comme un « verdissement », le dispositif ferait passer le taux de remboursement des dépenses encore éligibles de 16,4 % à 11,4 %. Les collectivités seraient ainsi invitées à investir davantage dans la transition écologique tout en bénéficiant d’un soutien inférieur. Le ralentissement annoncé du Fonds national d’action sociale des CAF pourrait, en outre, fragiliser les établissements sociaux. « Affaiblir les revenus et les droits des personnes les plus fragiles tout en affaiblissant les collectivités qui les accompagnent revient à fragiliser simultanément les deux piliers de notre protection sociale », dénonce Luc Carvounas, président de l’Unccas et maire d’Alfortville.
Douze propositions pour préserver les solidarités locales
Dans sa contribution au PLF et au PLFSS 2027, l’Unccas avance douze mesures. Elle réclame notamment le maintien du chèque énergie pour l’électricité, le gaz et le fioul, le doublement de MaPrimeRénov’ à 7 milliards d’euros et une compensation, pendant trois ans, des frais d’hébergement d’urgence supportés par le bloc communal.
Face au vieillissement, l’organisation propose un fonds de 400 millions d’euros pour les Ehpad publics, les services autonomie à domicile et les résidences autonomie. Elle souhaite également transformer la réduction d’impôt sur les frais d’Ehpad en crédit d’impôt et augmenter de 6 % les dépenses consacrées aux personnes âgées.
La santé mentale et les ressources humaines complètent cette feuille de route : formation des agents aux premiers secours en santé mentale, revalorisation de 10 à 15 % des métiers du care et du secteur socio-éducatif, mais aussi programme national consacré à l’intelligence artificielle, à la cybersécurité et à la protection des données.
L’Unccas s’en remet désormais aux parlementaires pour éviter que le redressement des comptes publics ne se transforme en recul du service public social de proximité.