Inondations : L’AMF dénonce une mise en cause déloyale des maires

, mis à jour le 20/02/2026 à 10h52
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L’AMF elle réagit aux déclarations de la ministre de la Transition écologique, qui a mis en cause la responsabilité des maires dans la gestion des inondations

Alors qu’une crue historique touche la quasi-totalité du territoire hexagonal, l’Association des maires de France (AMF) monte au créneau. Dans un communiqué publié le 18 février 2026, elle réagit aux déclarations de la ministre de la Transition écologique, qui a mis en cause la responsabilité des maires dans la gestion des inondations. Une prise de position que l’AMF juge « déconnectée de la réalité du terrain ». 

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Alors qu’une crue historique touche la quasi-totalité du territoire hexagonal, l’Association des maires de France (AMF) monte au créneau. Dans un communiqué publié le 18 février 2026, elle réagit aux déclarations de la ministre de la Transition écologique, qui a mis en cause la responsabilité des maires dans la gestion des inondations. Une prise de position que l’AMF juge « déconnectée de la réalité du terrain ». 

Depuis plusieurs jours, les élus locaux sont mobilisés aux côtés des forces de secours et des associations agréées de sécurité civile pour faire face aux conséquences des crues. Évacuations, mise à l’abri des habitants, coordination des services : dans de nombreuses communes, les maires sont en première ligne. Pour l’AMF, les propos ministériels traduisent une « méconnaissance profonde » des responsabilités respectives de l’État et des collectivités. L’association rappelle qu’en 2024, la gestion des digues domaniales a été transférée aux intercommunalités par décision unilatérale de l’État, parfois sans concertation et contre l’avis des élus.

Autre point de crispation : l’absence d’évaluation préalable de l’état des digues et du coût de leur remise à niveau. Selon l’AMF, aucune compensation suffisante et pérenne n’a été prévue pour financer cette charge nouvelle, alors même que le coût de rénovation du parc des digues d’ici 2035 pourrait atteindre 14 milliards d’euros. L’association conteste également l’argument fiscal avancé par la ministre. Elle souligne que la taxe GEMAPI, même portée à son plafond, ne permettrait pas de couvrir les besoins d’aménagement et de prévention des inondations. Dans un contexte où les ressources locales sont déjà contraintes, les collectivités ne disposent pas des marges nécessaires pour absorber seules ces investissements massifs.

Au-delà de la polémique, l’AMF appelle à un « dialogue renouvelé » entre l’État et les élus locaux. Face à l’intensification des épisodes climatiques extrêmes, elle plaide pour une gestion des inondations fondée sur la solidarité nationale et une clarification des responsabilités. Pour les maires, la prévention et la protection des populations ne peuvent reposer uniquement sur les épaules des territoires.
 

Danièle Licata, rédactrice en chef Zepros Territorial, décrypte enjeux publics et collectivités. Forte de 20 ans en presse économique, elle rend accessibles les sujets complexes avec passion et engagement.
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