« Le CNAS est devenu un véritable levier d’attractivité pour les collectivités »
Lysiane Yvon est directrice générale du CNAS France depuis mai 2025. L’association nationale, 1er acteur de l’action sociale pour le personnel territorial, repose sur un modèle paritaire élus / agents unique dans la fonction publique territoriale. À l’heure où les agents sont confrontés à l’inflation, aux crises successives et aux tensions sur le pouvoir d’achat, elle réaffirme la vocation du Comité national d’action sociale : accompagner les moments heureux comme les accidents de la vie, tout en renforçant la qualité de service et la transformation numérique.
Vous avez pris la direction du CNAS il y a quelques mois. Quel premier bilan tirez-vous ?
Je connaissais déjà bien la maison, puisque je travaillais aux côtés de l’ancien directeur général. En prenant cette mission, j’ai surtout voulu inscrire mon action dans une continuité exigeante : renforcer la qualité de service pour nos bénéficiaires et nos adhérents, dans le respect des valeurs du CNAS. Nous avons clôturé 2025 avec 992 179 bénéficiaires, en progression de 2,4 % par rapport à l’année précédente, et plus de 21 400 collectivités adhérentes. Notre objectif du million de bénéficiaires en 2026 est à portée. Mais au-delà des chiffres, la priorité reste l’amélioration du service et la poursuite de notre transformation numérique, tout en préparant le renouvellement de nos instances en fin d’année.
Le CNAS repose sur une gouvernance paritaire entre élus et agents. En quoi est-ce une force ?
C’est l’ADN du CNAS. Cette gouvernance nous permet d’avoir une double remontée du terrain : celle des employeurs publics locaux et celle des bénéficiaires. Ce regard croisé est précieux pour adapter nos prestations et rester en phase avec les réalités locales. Notre réseau de 96 délégations couvre l’ensemble du territoire, métropole et outre-mer. Cette proximité nous permet d’identifier rapidement les besoins et d’ajuster notre offre. C’est ce qui explique la pertinence et la longévité de notre modèle depuis près de 60 ans.
Quelles nouveautés avez-vous mises en place pour répondre aux enjeux actuels, notamment le pouvoir d’achat ?
Le contexte inflationniste nous a conduits à revaloriser plusieurs prestations. En 2026, certaines aides sociales ont été significativement augmentées, comme l’aide précarité énergie, passée de 100 à 300 euros. Les aides en faveur des enfants en situation de handicap ont également été renforcées. Nous constatons aussi un fort engouement pour le sport, que nous avons soutenu par une revalorisation du forfait dédié. Par ailleurs, nous avons revu notre offre de prêts afin d’aider les agents dès le lancement de leur projet. Sur le volet écologique, nous travaillons avec nos partenaires pour intégrer davantage de critères RSE, favoriser le tourisme durable et proposer des offres liées à la mobilité douce, comme l’achat de vélos, y compris reconditionnés. Un grand chantier de dématérialisation des titres cadeaux et des chèques vacances est également engagé pour mieux répondre aux usages actuels.
Le CNAS intervient aussi en solidarité. Comment accompagnez-vous les agents face aux accidents de la vie ?
La solidarité est au cœur de notre mission. Le CNAS accompagne les moments heureux – naissance, vacances – mais aussi les situations difficiles. Lors du cyclone à Mayotte, nous avons versé plus de 1,6 million d’euros d’aides exceptionnelles et soutenu les collectivités locales concernées. Plus largement, nous proposons des aides liées au logement, aux catastrophes naturelles, aux situations de handicap ou de précarité. Les crises successives ont renforcé ces besoins, mais cette dimension fait partie intégrante de notre vocation.
Face aux difficultés de recrutement des collectivités, le CNAS est-il devenu un outil de « marque employeur » ?
Oui, clairement. De nombreuses offres d’emploi mentionnent désormais l’adhésion au CNAS comme un avantage. Pour des collectivités qui ne peuvent pas toujours rivaliser sur le plan salarial, c’est un levier d’attractivité et de fidélisation. Les agents eux-mêmes deviennent nos meilleurs ambassadeurs : lorsqu’ils changent de collectivité, ils mesurent l’importance de ces prestations et en parlent autour d’eux.
Quels sont vos prochains chantiers ?
Nous poursuivons notre projet associatif « Chalenge 2026 », centré sur la qualité de service et la transformation numérique. Le renouvellement de nos instances ouvrira la voie à un nouveau projet stratégique pour 2027-2032. Le CNAS doit rester agile pour s’adapter rapidement aux événements imprévus et répondre aux besoins des agents. Notre taille nous permet de faire jouer pleinement la mutualisation, ce qui fait notre force !
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