Petites villes de France : le manifeste d’une proximité offensive

, mis à jour le 20/02/2026 à 10h38
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De gauche à droite: Antoine Homé, Maire de Wittenheim (68), Premier Vice-président de l’APVF ; Christophe Bouillon, Maire de Barentin (76), Président de l’APVF ; Daniel Cornalba, Maire de l’Etang-la-Ville (78), Membre du Bureau de l’APVF.

À l’approche des municipales 2026, l’Association des petites villes de France (APVF) publie un manifeste de 24 pages pour baliser le prochain mandat. Santé, logement, sécurité, transition écologique, commerce : les maires revendiquent un rôle stratégique dans les grandes mutations du pays et formulent dix préconisations structurantes pour préparer l’avenir dès maintenant.

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Le prochain mandat sera celui des urgences. Transition écologique, vieillissement démographique, désertification médicale, crise du logement : les petites villes concentrent les tensions… et les réponses.

Première proposition forte : la création d’un adjoint à la santé dans chaque commune, pour intégrer cette question de manière transversale (prévention, environnement, alimentation, lien social). Face au vieillissement accéléré de la population, l’APVF appelle également à une stratégie ambitieuse de lutte contre l’isolement des personnes âgées, combinant maintien à domicile, intergénérationnel et inclusion numérique.

Sur le logement, les maires plaident pour un engagement renforcé contre l’habitat indigne, en mobilisant pleinement les pouvoirs de police du maire et les dispositifs de revitalisation.

Adapter les territoires sans les fragiliser

Dans un contexte budgétaire contraint, les petites villes entendent conjuguer sobriété et ambition. L’adaptation au changement climatique passe d’abord par du concret : rénovation thermique des bâtiments publics et scolaires, gestion durable de l’eau, mobilités plus sobres.

La sécurité figure également parmi les priorités, avec le développement d’une sécurité de proximité appuyée sur des polices municipales renforcées et mutualisées.

Autre enjeu transversal : l’inclusion. Le manifeste défend une politique municipale volontariste en faveur des personnes en situation de handicap, ainsi qu’une réduction déterminée des fractures numériques, notamment pour les seniors.
La culture n’est pas oubliée. L’APVF demande la sanctuarisation des budgets culturels, considérés comme un pilier du lien républicain et de la cohésion locale.

Produire et consommer local : un cap stratégique

Sur le front économique, le message est clair : pas de cohésion territoriale sans activité productive. Alors que 70 % des emplois industriels sont situés dans des communes de moins de 20 000 habitants, les maires appellent à trouver un équilibre entre sobriété foncière et réindustrialisation.

Enfin, la redynamisation des centres-villes demeure un axe structurant. Mixité commerciale, lutte contre la vacance, maintien des services : l’APVF défend la pérennisation et le renforcement du programme “Petites villes de demain”, avec davantage de moyens en ingénierie.

Au fil de ces dix recommandations, une conviction traverse le manifeste : les petites villes ne veulent plus seulement amortir les crises. Elles entendent devenir les laboratoires opérationnels d’un modèle territorial plus résilient, plus humain et plus efficace.
 

Danièle Licata, rédactrice en chef Zepros Territorial, décrypte enjeux publics et collectivités. Forte de 20 ans en presse économique, elle rend accessibles les sujets complexes avec passion et engagement.
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