Logements étudiants : les territoires en première ligne face à une crise qui s’aggrave

, mis à jour le 27/08/2025 à 20h49
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la Fnau s’est associée à France Urbaine, Intercommunalités de France, Villes de France et l’AVUF pour impulser, dès 2017, la création des Observatoires Territoriaux du Logement Étudiant (OTLE)

Entre loyers prohibitifs, résidences saturées et files d’attente interminables, la crise du logement étudiant devient chaque rentrée plus pressante. Pour répondre à ce défi, les collectivités locales s’appuient sur les Observatoires Territoriaux du Logement Étudiant (OTLE). Explications. 

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Trouver un logement pour étudier est devenu un véritable parcours du combattant. Dans les grandes agglomérations, la hausse de la demande se heurte à une offre limitée, concurrencée par les locations touristiques et freinée par la hausse des prix immobiliers. Résultat : loyers en hausse, solutions précaires et fragilisation des étudiants, dont la santé mentale et la réussite académique sont affectées.
Face à cette crise, la réponse s’organise au plus près du terrain. Depuis 2017, 39 Observatoires Territoriaux du Logement Étudiant (OTLE) ont été créés à l’initiative de la Fnau et de ses partenaires (France Urbaine, Intercommunalités de France, Villes de France et l’AVUF). En Île-de-France, neuf nouveaux OTLE viennent d’être labellisés et alimentent directement le plan d’action interministériel annoncé en mai 2025. Leur rôle : réunir collectivités, universités et acteurs du logement autour de données fiables, pour adapter les politiques locales et accélérer la production de logements.

Rennes : répondre aux besoins de l’alternance

À Rennes, l’Audiar s’est penchée sur un public souvent oublié : les étudiants en alternance. Obligés de partager leur temps entre deux lieux de vie – l’université et l’entreprise – ils rencontrent de grandes difficultés pour trouver un logement adapté. L’observatoire rennais a ainsi identifié la nécessité de solutions plus souples, comme des résidences modulables ou des formules de logement temporaire, afin de mieux accompagner ces parcours hybrides.

Lyon : comprendre les arbitrages résidentiels

À Lyon, l’OTLE a mené une analyse fine des choix et renoncements des étudiants. Pourquoi certains privilégient-ils l’éloignement géographique ? Quels sacrifices financiers acceptent-ils ? L’étude montre que beaucoup d’étudiants renoncent à un logement proche des campus faute de moyens, au profit de zones périurbaines moins chères mais mal desservies. Ces résultats éclairent directement les politiques locales de transport, d’urbanisme et de construction de résidences étudiantes.

Marseille : une jeunesse aux profils multiples

À Marseille, l’Agam a choisi d’élargir le regard : au-delà des seuls étudiants, elle observe l’ensemble des jeunes de la métropole – étudiants, actifs précaires, jeunes sans emploi – pour mettre en évidence les difficultés communes d’accès au logement. Ce croisement permet de comprendre comment la crise touche différemment les profils et d’élaborer des réponses plus transversales, qui bénéficient aussi bien aux étudiants qu’aux jeunes travailleurs.

Un défi national aux répercussions locales

Si l’État impulse des plans d’action, ce sont bien les territoires qui se trouvent en première ligne. Collectivités, universités et acteurs du logement doivent conjuguer leurs efforts pour éviter que le logement ne devienne un frein à la réussite étudiante. Dans un contexte où l’attractivité des villes universitaires est en jeu, la mobilisation locale apparaît plus que jamais déterminante.
 

Danièle Licata, rédactrice en chef Zepros Territorial, décrypte enjeux publics et collectivités. Forte de 20 ans en presse économique, elle rend accessibles les sujets complexes avec passion et engagement.
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