Salaires publics : six points d’indice pour éviter le décrochage

, mis à jour le 05/10/2026 à 18h09
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Le relèvement de l’indice minimum de traitement concernerait 400 000 agents publics, mais ne suffirait pas, à lui seul, à porter leur traitement indiciaire au-dessus du SMIC

Le Gouvernement propose de relever l’indice minimum de traitement de 366 à 372 au 1er janvier 2027. Présentée comme une première étape vers la reconstruction des grilles salariales, la mesure concernerait 400 000 agents publics, sans toutefois garantir à elle seule une rémunération indiciaire supérieure au SMIC.

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Le point d’indice restera gelé en 2027, mais le plancher pourrait, lui, remonter légèrement. Lors d’un rendez-vous salarial organisé le 2 octobre avec les organisations syndicales, le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, a proposé de porter l’indice minimum de traitement de 366 à 372 dès le 1er janvier prochain. Une annonce intervenue trois jours après les mobilisations de la fonction publique contre le nouveau gel des rémunérations.
Selon le Gouvernement, environ 400 000 agents des trois versants seraient concernés. À valeur du point inchangée, leur traitement indiciaire brut passerait d’environ 1 801,74 à 1 831,28 euros par mois, soit un gain proche de 30 euros intégré au traitement.

Un rattrapage encore inférieur au SMIC

La mesure ne permettra cependant pas, à elle seule, de faire repasser le traitement indiciaire minimum au-dessus du SMIC. Depuis le 1er juin 2026, celui-ci s’établit à 1 867,02 euros brut mensuels. Même porté à l’indice 372, le traitement resterait donc inférieur d’environ 36 euros, à paramètres constants.
Les agents concernés continueront ainsi de percevoir une indemnité différentielle pour garantir une rémunération au moins équivalente au salaire minimum. Autrement dit, les six points supplémentaires ne se traduiront pas nécessairement par 30 euros de plus sur la fiche de paie : ils remplaceront en partie cette indemnité de rattrapage.
La différence n’est pourtant pas anodine. Contrairement à l’indemnité différentielle, le traitement indiciaire constitue le socle statutaire de la rémunération et participe, selon les règles applicables, à la constitution des droits à la retraite. Le relèvement annoncé permettrait donc de réintégrer dans le traitement une part aujourd’hui versée sous forme de compensation.

Des grilles toujours plus resserrées

Pour les collectivités, cette annonce appelle encore à la prudence. Le niveau du SMIC applicable en janvier 2027 n’est pas connu et une nouvelle revalorisation pourrait rapidement absorber les six points accordés. Le dispositif devra également être confirmé par un texte réglementaire avant de devenir applicable.
Au-delà du plancher, le Gouvernement évoque des « injections pérennes » de points dans les premiers échelons afin de recréer des écarts entre les débuts de carrière. Car les relèvements successifs du SMIC ont progressivement tassé les grilles, rapprochant plusieurs échelons et réduisant la reconnaissance de l’ancienneté ou de la progression professionnelle.
Pour les employeurs territoriaux, l’enjeu dépasse donc le simple ajustement technique : il concerne l’attractivité des métiers, la fidélisation des agents et le coût futur de la masse salariale. Le passage à l’indice 372 constituerait un premier correctif, mais certainement pas la refonte attendue du modèle de rémunération publique.

Danièle Licata, rédactrice en chef Zepros Territorial, décrypte enjeux publics et collectivités. Forte de 20 ans en presse économique, elle rend accessibles les sujets complexes avec passion et engagement.
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