Agents territoriaux : des salaires en hausse, mais des écarts persistants
Après deux années marquées par l’érosion du pouvoir d’achat, les agents de la fonction publique territoriale retrouvent un léger souffle. Selon l’Insee, le salaire net moyen progresse de 1,3 % en euros constants en 2024. Une amélioration portée par les revalorisations du point d’indice, mais qui ne gomme ni les écarts entre collectivités ni les inégalités persistantes entre femmes et hommes.
Les agents territoriaux voient enfin leur rémunération repartir à la hausse. Dans son étude publiée en mai 2026, l’Insee indique qu’un salarié de la fonction publique territoriale perçoit en moyenne 2 317 euros nets par mois en équivalent temps plein en 2024. En tenant compte du reflux de l’inflation, cette progression représente une hausse réelle de 1,3 %, après deux années de recul du pouvoir d’achat.
Cette amélioration s’explique principalement par les mesures salariales décidées par l’État : hausse de 1,5 % du point d’indice à partir de juillet 2023, ajout de cinq points d’indice supplémentaires début 2024 et versement de certaines primes exceptionnelles liées aux Jeux olympiques et paralympiques de Paris.
Les fonctionnaires territoriaux, qui représentent plus des trois quarts des effectifs, enregistrent une hausse de 1,4 % de leur salaire net moyen en euros constants. Les non-fonctionnaires connaissent une progression légèrement supérieure, à +1,5 %.
Des écarts importants selon les territoires et les catégories
Derrière cette moyenne nationale se cachent toutefois de fortes disparités. Dans les communes, premier employeur territorial, le salaire net moyen atteint 2 186 euros par mois. Il grimpe à 2 356 euros dans les intercommunalités et à 2 528 euros dans les départements. Ces différences s’expliquent largement par la structure des effectifs. Les communes comptent davantage d’agents de catégorie C, tandis que les départements emploient une proportion plus importante de cadres de catégorie A. En 2024, les agents de catégorie A perçoivent ainsi en moyenne 3 604 euros nets mensuels, contre 2 562 euros pour les catégories B et 2 125 euros pour les catégories C.
L’étude souligne également un léger resserrement des inégalités salariales. Les plus bas revenus progressent plus rapidement que les hauts salaires, notamment grâce aux mesures indiciaires qui ont davantage bénéficié aux catégories les moins rémunérées. Ainsi, les 10 % des agents les moins payés gagnent moins de 1 653 euros nets mensuels, mais leur rémunération progresse de 1,8 % en euros constants, soit davantage que celle des hauts revenus.
Des inégalités femmes-hommes toujours présentes
Malgré cette embellie relative, les écarts de rémunération entre femmes et hommes demeurent importants dans la territoriale. Les femmes gagnent en moyenne 7 % de moins que les hommes : 2 248 euros nets mensuels contre 2 418 euros.
Même à profil identique — âge, statut, grade ou type de collectivité comparables — l’écart reste de 4,2 %, un niveau stable par rapport à 2023.
L’Insee rappelle que ces différences tiennent notamment à une plus forte présence des femmes dans les emplois à temps partiel ou non complet, mais aussi à des carrières plus souvent interrompues. Les femmes représentent ainsi 65 % des 10 % des agents les moins rémunérés, mais seulement 51 % des 10 % les mieux payés.
Enfin, pour les agents restés en poste chez le même employeur avec la même quotité de travail entre 2023 et 2024, la rémunération progresse davantage encore : +2,2 % en euros constants. Un signal positif pour les collectivités, confrontées à des difficultés croissantes d’attractivité et de fidélisation des agents.