Atlas des services publics locaux : les territoires choisissent le sur-mesure
Gestion directe, délégation de service public, sociétés publiques locales… Contrairement aux idées reçues, les collectivités ne choisissent pas leur mode de gestion en fonction de leur couleur politique. C’est l’un des principaux enseignements de l’Atlas 2026 des services publics locaux publié par l’Institut de la Gestion Déléguée (IGD).
À moins d’un an de l’élection présidentielle, l’Institut de la Gestion Déléguée (IGD), en partenariat avec France urbaine et Intercommunalités de France, publie la quatrième édition de son Atlas des services publics locaux. L’étude, qui porte sur 176 intercommunalités de plus de 50 000 habitants, dresse un état des lieux des modes de gestion de neuf grands services publics, de l’eau à la restauration collective en passant par les transports, les déchets ou les réseaux de chaleur.
Premier enseignement : la gestion des services publics locaux échappe largement aux oppositions idéologiques. L’Atlas ne met en évidence aucun lien entre l’orientation politique des exécutifs locaux et le choix d’un mode de gestion. Qu’il s’agisse de gestion directe ou déléguée, les décisions semblent avant tout guidées par des considérations d’efficacité, de coûts, de technicité ou de performance du service rendu.
Une diversité de modèles selon les besoins
L’étude confirme également qu’aucune intercommunalité ne recourt à un modèle unique pour l’ensemble de ses compétences. Les collectivités adaptent leurs choix à la nature de chaque service. Les secteurs nécessitant des investissements importants ou des savoir-faire techniques complexes, comme les transports urbains ou les réseaux de chaleur, sont plus fréquemment confiés à des opérateurs spécialisés dans le cadre de gestions déléguées. À l’inverse, des services comme la collecte des déchets ou l’éclairage public restent majoritairement gérés en régie.
Des collectivités capables d’adapter leurs choix
Autre enseignement marquant : les territoires font preuve d’une réelle capacité d’adaptation. Selon l’IGD, entre 5 % et 32 % des intercommunalités ont changé de mode de gestion depuis 2019 ou envisagent de le faire à l’occasion du renouvellement de leurs contrats. Une évolution qui témoigne d’une certaine souplesse dans l’organisation des services publics locaux et d’une volonté d’ajuster régulièrement les modes de gestion aux besoins des habitants. Pour les élus et les directions générales, cet Atlas se veut avant tout un outil d’aide à la décision. Pour la première fois, l’étude a également mobilisé l’intelligence artificielle afin de compléter certaines données recueillies lors d’entretiens qualitatifs. Une évolution méthodologique qui devrait permettre une actualisation plus régulière de cette cartographie des services publics locaux.
Au final, l’Atlas 2026 dessine le portrait de collectivités pragmatiques, davantage préoccupées par la qualité et la performance des services rendus aux usagers que par les débats idéologiques sur les modes de gestion.