Bien-être animal : l’AMF publie un guide pratique pour aider les maires à agir
Gestion des animaux errants, nuisances, maltraitance, chiens dangereux, biodiversité… Face à des attentes citoyennes de plus en plus fortes, l’Association des maires de France (AMF) publie un guide destiné à accompagner les élus locaux dans leurs responsabilités en matière de bien-être animal. Un document pratique qui rappelle le rôle central des communes dans la construction d’une ville plus respectueuse du vivant.
Avec près de 80 millions d’animaux de compagnie en France, les collectivités sont aujourd’hui en première ligne pour répondre aux enjeux liés à la place de l’animal dans l’espace public. Divagation, nuisances sonores, maltraitance, gestion des chats errants ou encore cohabitation avec la biodiversité : autant de sujets auxquels les maires sont confrontés au quotidien. Dans ce contexte, l’Association des maires de France et des présidents d’intercommunalité (AMF) vient de publier un guide intitulé « Vivre ensemble avec les animaux – Règles et bonnes pratiques municipales ».
L’objectif est clair : fournir aux élus un cadre juridique actualisé mais aussi des exemples concrets d’initiatives locales. « En prenant soin des animaux, les communes œuvrent aussi pour la santé publique, la cohésion sociale et la préservation de la biodiversité », souligne notamment l’introduction du document.
Des maires de plus en plus sollicités
Le guide rappelle d’abord que le maire dispose de pouvoirs de police spécifiques en matière animale. Il peut intervenir sur la divagation des chiens et chats, les nuisances, les animaux dangereux ou encore la salubrité publique. À défaut d’action, la responsabilité de la commune peut même être engagée. L’AMF insiste également sur l’évolution du regard porté sur l’animal dans la société. Selon un sondage Ifop cité dans le document, plus de 80 % des Français considèrent désormais que la protection animale doit constituer une priorité des politiques publiques. Cette évolution se traduit concrètement dans les territoires. Certaines communes mettent en place des campagnes de stérilisation des chats errants, d’autres développent des actions de sensibilisation dans les écoles, créent des espaces favorables à la biodiversité ou intègrent le bien-être animal dans leurs marchés publics.
Des initiatives locales mises en avant
Parmi les exemples cités figure la commune de Donzère, dans la Drôme, qui organise plusieurs campagnes annuelles de capture et de stérilisation des chats libres, en partenariat avec des vétérinaires et des associations de protection animale. Une démarche présentée comme « la seule méthode efficace et éthiquement acceptable pour endiguer leur prolifération ». À Pessac, en Gironde, la municipalité a choisi une approche pédagogique, avec un agent de police municipale référent « cause animale », des réunions mensuelles avec la SPA et des actions de sensibilisation dans les écoles. « Nous privilégions une approche pédagogique et préventive », explique la commune dans le guide.
Le document met aussi en lumière l’expérience de Carrières-sous-Poissy, qui a créé un cimetière animalier et intégré le bien-être animal dans ses achats publics et sa politique de restauration collective. Au-delà des obligations réglementaires, l’AMF entend ainsi encourager les collectivités à faire du bien-être animal un véritable levier du vivre-ensemble. Un sujet qui touche désormais autant à la qualité de vie qu’à l’attractivité et à l’identité des territoires.