Enfance : un an après, l’État passe de l’intention à l’action

, mis à jour le 31/03/2026 à 15h49
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Haute-commissaire à l'enfance, Sarah El Haïry

Un an après la création du Haut-commissariat à l’Enfance, l’heure n’est plus aux constats mais à la structuration d’une politique publique ambitieuse. Lutte contre les violences, encadrement du numérique, soutien à la parentalité… Derrière une feuille de route dense, l’État assume un changement de cap : faire de la protection de l’enfance une priorité politique à part entière, en mobilisant l’ensemble des acteurs, des familles aux collectivités.
 

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« Protéger les enfants n’est pas un slogan, c’est une responsabilité collective et une priorité politique. » Dès l’édito du rapport  " Haut-commissaire à l’Enfance 1 an déjà : Protéger, Prévenir, Accompagner", le ton est donné par la Haute-commissaire, Sarah El Haïry. Créé en février 2025, le Haut-commissariat à l’Enfance revendique en un an une montée en puissance rapide. Objectif : remettre l’enfant au cœur de l’action publique, en structurant des politiques souvent éclatées entre plusieurs ministères. 
Première urgence : la lutte contre les violences. Le constat reste alarmant : 160 000 enfants sont victimes chaque année de violences sexuelles en France, dont une large majorité dans le cadre familial
Face à cette réalité, l’État déploie un plan 2023-2027 articulé autour de 22 mesures concrètes. Numéro d’urgence 119 renforcé, contrôles automatisés des antécédents, développement des unités d’accueil pédiatriques… L’objectif est clair :         « créer une véritable chaîne de protection autour des enfants ». 

Numérique : « sans peur et sans naïveté »

Autre front prioritaire : la protection des mineurs face aux risques numériques.
« Sans peur et sans naïveté, nous œuvrons pour que le numérique protège et serve les enfants plutôt qu’il ne les expose », insiste la Haute-commissaire. Dans un contexte où 61 % des enfants ont déjà été exposés à des contenus violents en ligne, l’État multiplie les initiatives : signalements systématiques, interpellation des plateformes, encadrement des jeux vidéo ou encore plaidoyer pour l’interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans. Une offensive assumée, qui marque un tournant dans la régulation des usages numériques chez les plus jeunes.

Parentalité et territoires : un changement d’échelle

Au-delà de la protection, le Haut-commissariat entend inscrire son action dans une logique plus globale, en s’attaquant aux racines des fragilités. « Soutenir la parentalité, c’est donner des repères, renforcer la confiance et reconnaître que le bien-être des enfants passe aussi par celui des familles », souligne Sarah El Haïry. 

Les Assises de la parentalité, lancées début 2026, illustrent cette volonté de co-construction avec les acteurs de terrain. Elles doivent aboutir à des propositions opérationnelles d’ici l’été, dans un contexte marqué par une baisse de la natalité et des transformations profondes des modèles familiaux. Dans le même esprit, le Service public de la petite enfance (SPPE) vise à réduire les inégalités territoriales d’accès aux modes de garde. Les collectivités, en première ligne, sont appelées à jouer un rôle déterminant dans le déploiement de cette nouvelle offre.

Faire entrer la parole des victimes dans la décision publique

Dernier chantier emblématique : la création d’un Conseil des victimes.
« La parole des victimes n’est plus un simple témoignage, c’est un savoir expérientiel à part entière », affirme la Haute-commissaire. L’ambition est claire : intégrer cette parole au cœur de l’élaboration des politiques publiques, pour mieux prévenir et mieux protéger. Car pour le Haut-commissariat, cet anniversaire n’est qu’une étape. « Il ne peut y avoir ni complaisance ni renoncement lorsque l’intégrité des enfants est en jeu », rappelle Sarah El Haïry.
 

Danièle Licata, rédactrice en chef Zepros Territorial, décrypte enjeux publics et collectivités. Forte de 20 ans en presse économique, elle rend accessibles les sujets complexes avec passion et engagement.
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