Mobilités : une réforme engagée, un modèle à réinventer

, mis à jour le 07/04/2026 à 13h11
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Les collectivités territoriales portent désormais, en matière de mobilités, l’essentiel de l’effort financier

Six ans après la loi d’orientation des mobilités, la Cour des comptes dresse un bilan contrasté. Si l’offre s’est améliorée et les territoires mieux couverts, les défis restent immenses : financement fragile, gouvernance complexe et transition écologique encore inachevée.

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Adoptée en 2019, la loi d’orientation des mobilités (LOM) portait une ambition forte : garantir à tous les Français un “droit à la mobilité”, tout en accélérant la transition écologique. Six ans plus tard, le constat dressé par la Cour des comptes est sans appel : la dynamique est lancée, mais le modèle reste incomplet

Une couverture généralisée, une gouvernance encore éclatée

Premier succès indéniable : l’ensemble du territoire est désormais couvert par des autorités organisatrices de la mobilité (AOM). Régions et intercommunalités se partagent désormais cette compétence stratégique, avec un rôle renforcé pour les collectivités locales. Mais cette avancée s’accompagne d’une complexité accrue. La coexistence de plusieurs niveaux d’intervention, les délégations de compétences et la diversité des situations locales rendent la gouvernance difficile à lire et parfois peu efficace. 

Des financements sous tension

Autre point de fragilité majeur : le financement. Si la trajectoire d’investissement de l’État a globalement été respectée, elle reste insuffisante pour répondre aux besoins croissants, notamment pour l’entretien des infrastructures existantes.
Surtout, les collectivités territoriales portent désormais l’essentiel de l’effort financier. Leurs dépenses en matière de transport dépassent celles de l’État, révélant un déséquilibre structurel appelé à s’accentuer. D’ici 2030, les besoins supplémentaires sont estimés à près de 6,7 milliards d’euros par an. 
Dans ce contexte, la question n’est plus seulement celle des ressources, mais bien celle des priorités : privilégier les transports du quotidien et la régénération des réseaux plutôt que les grands projets d’infrastructures.

Des solutions nouvelles pour des territoires inégaux

Sur le terrain, l’offre de mobilité s’est diversifiée. Face à l’insuffisance des transports collectifs dans les zones rurales et périurbaines, de nouvelles solutions émergent : transport à la demande, covoiturage, autopartage.
Ces dispositifs, plus souples et moins coûteux, visent à connecter les territoires enclavés aux réseaux structurants. Ils traduisent une évolution vers une mobilité plus intermodale, adaptée aux réalités locales. 
Mais là encore, les disparités restent fortes. La voiture individuelle demeure largement dominante dans les territoires peu denses, faute d’alternatives suffisamment développées.

Transition écologique : une dynamique à consolider

La LOM a également impulsé le développement des mobilités durables. Le vélo progresse, les flottes de véhicules s’électrifient, les infrastructures de recharge se déploient.
Pour autant, ces avancées reposent encore largement sur des financements publics importants et restent fragiles. L’atteinte des objectifs climatiques, notamment la neutralité carbone des transports d’ici 2050, apparaît encore incertaine. 

Au final, la loi d’orientation des mobilités a posé les bases d’un nouveau modèle. Mais pour la Cour des comptes, une nouvelle étape s’impose : clarifier la gouvernance, sécuriser les financements et prioriser les investissements.
Car derrière la promesse du “droit à la mobilité”, c’est bien l’équilibre des territoires et la réussite de la transition écologique qui se jouent.
 

Danièle Licata, rédactrice en chef Zepros Territorial, décrypte enjeux publics et collectivités. Forte de 20 ans en presse économique, elle rend accessibles les sujets complexes avec passion et engagement.
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