Moins d’enfants, plus de fermetures d’écoles ? Les collectivités sous pression

Danièle Licata
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Les effectifs scolaires vont connaître une baisse marquée dans les cinq prochaines années

Entre 2025 et 2029, la France s’apprête à connaître une baisse historique du nombre d’élèves dans le primaire comme dans le secondaire. Cette chute des effectifs, liée à la démographie, pose d’ores et déjà la question de l’organisation scolaire de demain.

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Après des années de croissance ou de stabilité, les effectifs scolaires vont connaître une baisse marquée dans les cinq prochaines années. Selon deux notes publiées par la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), rattachée au ministère de l’Éducation nationale, la tendance est claire : la courbe des naissances déclinante depuis 15 ans atteint désormais de plein fouet l’école.

Une saignée dans le premier degré

C’est dans le premier degré que le recul est le plus net. À la rentrée 2025, les écoles maternelles et élémentaires devraient accueillir 6,17 millions d’élèves, soit 90 700 de moins qu’en 2024. Et la baisse va s’intensifier chaque année jusqu’en 2029, atteignant un total de 560 800 élèves en moins en cinq ans. Le public comme le privé sont concernés, mais c’est le secteur public qui concentrerait 86 % des pertes.
Tous les niveaux sont touchés, mais avec des variations : après un recul plus modéré à la rentrée 2025, la maternelle verrait ses effectifs chuter plus fortement que l’élémentaire dans les années suivantes. En 2029, les écoles primaires publiques compteraient 484 800 élèves en moins qu’en 2024, et les établissements privés sous contrat 75 900 de moins.

Le secondaire à son tour affecté

Du côté du second degré, les effectifs ont progressé jusqu’en 2019 avant de se stabiliser, puis de commencer à baisser en 2024. La baisse sera plus lente à démarrer, mais plus marquée à partir de 2026. Selon le scénario intermédiaire de la DEPP, le nombre d’élèves dans les collèges et lycées pourrait diminuer de 226 000 entre 2024 et 2029.
Le collège concentrerait l’essentiel de cette baisse, mais les lycées professionnels, longtemps épargnés, commenceraient eux aussi à perdre des effectifs dès 2027. Seule exception temporaire : la voie professionnelle pourrait encore gagner 11 000 élèves à la rentrée 2025.
Ces projections soulèvent de nombreuses interrogations pour l’organisation du système scolaire : quels impacts sur les cartes scolaires ? Quelles fermetures de classes ou de structures anticiper ? Quelle adaptation des politiques éducatives, des recrutements et de la formation des enseignants ? Face à ce choc démographique, l’Éducation nationale devra composer avec une équation inédite : moins d’élèves, mais autant, voire plus, d’enjeux.

 

Danièle Licata
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