Pollution de l’eau : la facture pourrait grimper de 25 à 30 %

, mis à jour le 25/08/2026 à 11h29
Image
les traitements, la prévention et la dépollution des milieux représenteraient environ 1,9 milliard d’euros par an à court terme dont 1,6 milliard devrait être financé par le prix de l’eau

PFAS, pesticides, nitrates : la dépollution de l’eau potable nécessiterait près de 2 milliards d’euros supplémentaires par an. Un coût qui devrait être principalement supporté par les factures des usagers, alerte un rapport de l’Inspection générale des finances et du Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux.

Partager sur

Remis au gouvernement en avril mais publié seulement fin juillet 2026, le rapport sur le financement de la dépollution des eaux destinées à la consommation humaine annonce une hausse sensible du prix de l’eau. Selon la mission, les traitements, la prévention et la dépollution des milieux représenteraient environ 1,9 milliard d’euros par an à court terme. Sur ce montant, 1,6 milliard devrait être financé par le prix de l’eau, soit 82 % des dépenses estimées.

Pour couvrir ces besoins, les auteurs préconisent une augmentation moyenne de 25 à 30 % du prix de l’eau potable. Pour un foyer consommant 120 m³ par an, la hausse dépasserait 60 euros. En maintenant le coût de l’assainissement à son niveau actuel, la facture annuelle moyenne passerait ainsi de 563 euros en 2024 à environ 624 euros. Une estimation qui ne tient pas compte des futurs investissements imposés par la nouvelle directive européenne sur les eaux résiduaires urbaines.

Des collectivités inégalement exposées

La hausse pourrait être beaucoup plus forte dans les territoires les plus pollués ou les moins bien équipés. Le rapport évoque une augmentation pouvant approcher 50 % dans certaines zones. Les collectivités rurales, qui supportent déjà un prix moyen de l’eau potable supérieur à celui des métropoles, risquent d’être particulièrement fragilisées. La mission recommande donc de cibler les aides des agences de l’eau vers les collectivités les plus vulnérables. Près de 400 millions d’euros supplémentaires seraient nécessaires chaque année, ce qui supposerait d’augmenter de 15 à 20 % les recettes des agences, notamment par une hausse des redevances.

Faire davantage payer les pollueurs

Le rapport alerte également sur l’inégale répartition de l’effort. Les ménages assurent aujourd’hui 53 % du financement de la politique de l’eau, contre 23 % pour l’industrie et 9 % pour l’agriculture. Le système relèverait ainsi davantage du principe du « pollué-payeur » que du « pollueur-payeur ». Les auteurs proposent d’augmenter les redevances acquittées par les secteurs industriels et agricoles et de renforcer progressivement la redevance PFAS. Son rendement, estimé à seulement 10 millions d’euros en 2026, restera toutefois très éloigné des besoins.

Au-delà des traitements, le rapport appelle surtout à réduire les pollutions à la source et à protéger davantage les captages. Depuis 1980, 27 % d’entre eux ont été fermés, dont un tiers en raison d’une dégradation de la qualité de l’eau. Sans une politique préventive plus ambitieuse, préviennent les auteurs, les collectivités et les usagers devront financer des solutions curatives toujours plus coûteuses.

Danièle Licata, rédactrice en chef Zepros Territorial, décrypte enjeux publics et collectivités. Forte de 20 ans en presse économique, elle rend accessibles les sujets complexes avec passion et engagement.
Partager sur

Inscrivez-vous gratuitement à nos newsletters

S'inscrire