Sète (34) mise sur l’eau recyclée pour préserver l’eau potable
Sète agglopôle méditerranée et Thau Maritima inaugurent un dispositif de réutilisation des eaux usées traitées destiné aux usages urbains. Installé à la station d’épuration des Eaux Blanches, il permettra d’économiser 20 000 m³ d’eau potable chaque année.
Face aux sécheresses plus fréquentes et aux tensions croissantes sur la ressource, Sète agglopôle méditerranée a choisi de donner une seconde vie aux eaux usées traitées. Jusqu’alors rejetée en mer, cette eau alimentera désormais les laveuses de voirie, les camions hydrocureurs et certains chantiers de travaux publics. Elle pourra également répondre à des besoins ponctuels de défense incendie. Réalisé avec Thau Maritima et soutenu par l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse et la région Occitanie, le dispositif représente un investissement de 456 000 euros TTC. Il doit permettre d’économiser 20 000 m³ d’eau potable par an, dont environ la moitié pour le lavage des rues de Sète et l’autre moitié pour l’entretien des réseaux d’assainissement des sept communes raccordées à la station des Eaux Blanches.
Une eau recyclée de qualité maximale
Après un premier traitement par ultrafiltration membranaire, l’eau bénéficie d’une désinfection complémentaire par rayonnement ultraviolet et injection de chlore. Elle atteint ainsi la qualité A+, le niveau réglementaire le plus élevé pour ce type d’usage. Une cuve de 20 000 litres assure son stockage, tandis qu’une borne sécurisée par badge permet le remplissage des véhicules spécialisés. Au-delà du bénéfice environnemental, l’eau recyclée est proposée à 1,80 euro TTC le mètre cube, contre 2,33 euros pour l’eau potable. Le projet conjugue ainsi préservation de la ressource et maîtrise des coûts.
Cette première installation s’inscrit dans une stratégie plus ambitieuse. Dès l’automne 2026, un second dispositif doit fournir à l’entreprise SAIPOL jusqu’à 350 000 m³ d’eau recyclée par an pour ses usages industriels. Déjà carboneutre et capable de produire 90 % de l’énergie nécessaire à son fonctionnement grâce au biométhane, la station des Eaux Blanches confirme ainsi sa vocation de site d’économie circulaire. Une eau autrefois rejetée devient désormais une ressource locale précieuse.