À Ribemont (02), les compteurs connectés traquent les fuites

, mis à jour le 18/08/2026 à 16h59
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Grâce à 5 000 compteurs connectés et à un réseau LoRaWAN, le Syndicat intercommunal des eaux de Ribemont affiche désormais un rendement de 93 %

En déployant la télérelève et 5 000 compteurs connectés, le Syndicat intercommunal des eaux de Ribemont a porté le rendement de son réseau à 93 %. Une modernisation qui permet de préserver la ressource, de réduire les coûts et d’améliorer le service rendu aux usagers.

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Cent ans après sa création, le Syndicat intercommunal des eaux de Ribemont poursuit sa transformation. Cette régie, qui dessert près de 10 000 habitants dans onze communes de l’Aisne, s’est engagée dans la télérelève afin de mieux connaître les consommations et de détecter rapidement les fuites. Dès 2020, le Syndicat avait abandonné la relève manuelle au profit de la radio-relève. Une première avancée qui avait fortement réduit le temps consacré aux tournées : auparavant, plus de vingt semaines de porte-à-porte étaient nécessaires pour relever 3 000 compteurs. Mais les données restaient collectées à intervalles espacés. Une fuite survenant après le passage des équipes pouvait donc rester invisible pendant plusieurs mois. Les conséquences étaient lourdes : entre 30 000 et 35 000 m³ d’eau perdus chaque année, des factures parfois élevées pour les abonnés et jusqu’à 60 000 euros de dégrèvements accordés annuellement.

Un rendement porté à 93 %

Lancé en 2021 et financé par le Syndicat sur ses fonds propres, le projet repose sur un réseau privé LoRaWAN, une vingtaine d’antennes fournies par REQUEA et 5 000 compteurs connectés Itron, progressivement installés entre 2023 et 2025. Une soixantaine d’enregistreurs de bruit ont également été posés sur les canalisations pour repérer les fuites invisibles. Les résultats sont spectaculaires. Les pertes d’eau liées aux fuites chez les abonnés sont passées de 30 000 à 35 000 m³ par an à environ 1 000 m³. Le rendement du réseau atteint désormais près de 93 %. Une fuite souterraine représentant à elle seule 30 euros de pertes quotidiennes a notamment été détectée grâce à un capteur.

La télérelève permet aussi d’alerter plus rapidement les usagers, de limiter les estimations et les litiges, mais également de libérer du temps pour les agents. Deux postes ont ainsi été créés pour renforcer la recherche de fuites et les travaux de terrassement. À terme, le réseau pourrait accueillir d’autres usages connectés : éclairage public, gestion des déchets, bâtiments, qualité de l’air ou efficacité énergétique. Déployée pour économiser l’eau, l’infrastructure pourrait ainsi devenir un véritable socle numérique au service du territoire.

Danièle Licata, rédactrice en chef Zepros Territorial, décrypte enjeux publics et collectivités. Forte de 20 ans en presse économique, elle rend accessibles les sujets complexes avec passion et engagement.
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