Stress hydrique, réseaux, innovation : l’eau s’invite au cœur des municipales

, mis à jour le 26/01/2026 à 13h52
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37 % des maires se disent prioritairement attentifs aux risques d’inondation

À deux mois des élections municipales, la gestion de l’eau s’impose comme un sujet structurant pour les élus locaux. Si les priorités immédiates restent dominées par la voirie et les bâtiments publics, la deuxième édition de l’Observatoire de la gestion municipale de l’eau révèle une prise de conscience durable des édiles face aux risques de stress hydrique et aux défis du renouvellement des réseaux.

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Réalisée par Odoxa pour Sade, filiale du groupe NGE, l’enquête met en lumière un glissement des priorités municipales en 2026. 
Le renouvellement des réseaux d’eau, troisième priorité en 2025, recule à la cinquième place, cité par 23 % des maires. Il reste devancé par la voirie, les bâtiments publics, le logement et la végétalisation des espaces publics. Un déclassement relatif qui ne traduit pas un désintérêt, mais plutôt une mise en concurrence avec d’autres urgences du mandat.

Inondations et raréfaction de l’eau : une vigilance sur deux fronts

Sur le terrain, les élus font face à une double contrainte. 37 % des maires se disent prioritairement attentifs aux risques d’inondation, tandis que 34 % concentrent leur vigilance sur la raréfaction de la ressource et les solutions de réemploi. Près d’un tiers d’entre eux jonglent avec les deux problématiques simultanément.
Dans les villes moyennes et grandes, la prévention des inondations reste dominante, mais la question de la disponibilité de l’eau progresse rapidement, portée par la répétition des épisodes climatiques extrêmes.
Innovation : une attente forte, mais un déploiement encore limité
Autre enseignement marquant de l’étude : l’appétence des maires pour l’innovation. 87 % souhaitent s’appuyer sur des outils de mesure en temps réel pour piloter les réseaux, 75 % plébiscitent les techniques de réhabilitation sans tranchée et 70 % se disent favorables à l’utilisation de matériaux éco-sourcés.
Pourtant, la réalité est plus contrastée. Seul un maire sur six estime sa commune en avance sur le renouvellement des réseaux d’eau, tandis que 20 % se considèrent en retard. Un écart révélateur entre ambitions politiques et contraintes opérationnelles.

Le stress hydrique, une préoccupation durable

L’inquiétude liée au stress hydrique s’inscrit dans la durée. 36 % des maires estiment que leur commune pourrait être confrontée à ce risque d’ici 2032, un niveau comparable à celui exprimé par les citoyens. Cette inquiétude grimpe à 45 % dans les villes moyennes et grandes, et atteint 48 % dans le quart Sud-Est.
Les élus apparaissent toutefois plus mesurés que les jeunes générations : chez les moins de 50 ans, près d’un Français sur deux redoute une situation de stress hydrique dans les prochaines années.

Vers une gestion plus équitable de l’eau

Sur la tarification, les maires affichent une ligne claire. Deux tiers se prononcent pour un prix de l’eau identique sur l’ensemble du territoire, et 61 % soutiennent une tarification modulée selon les usages. En revanche, ils rejettent majoritairement une modulation fondée sur le stress hydrique ou sur le budget des ménages.
Pour les collectivités, la gestion de l’eau est désormais un enjeu politique à part entière, à la croisée de l’adaptation climatique, de l’équité territoriale et de la crédibilité du mandat local.
 

Danièle Licata, rédactrice en chef Zepros Territorial, décrypte enjeux publics et collectivités. Forte de 20 ans en presse économique, elle rend accessibles les sujets complexes avec passion et engagement.
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