Une épicerie pour remettre le village en mouvement
Bouge ton coQ ! lance un appel à candidatures pour accompagner 30 nouvelles épiceries participatives cet hiver. Destiné aux communes de moins de 3 500 habitants privées de commerce alimentaire généraliste, le programme associe local communal, mobilisation citoyenne et approvisionnement de proximité.
Faire ses courses sans quitter le village, mais aussi retrouver ses voisins et partager un café : l’épicerie participative entend répondre à plusieurs besoins à la fois. Bouge ton coQ ! souhaite désormais accompagner 30 nouveaux projets, avec des candidatures ouvertes jusqu’au 31 décembre 2026.
Selon l’association, les prises de contact ont augmenté de plus de 50 % depuis les dernières élections municipales. Un signe de l’intérêt des nouvelles équipes pour ce modèle, là où l’installation d’un commerce classique reste difficile. En cinq ans, 200 épiceries ont ouvert avec son appui et 50 autres sont en cours de création.
Un local communal, un collectif d’habitants
Le fonctionnement repose sur l’engagement des adhérents, qui consacrent quelques heures par mois à la gestion et à l’animation du commerce. La commune intervient généralement en mettant un local à disposition, en mobilisant les habitants et en facilitant les démarches. Le collectif prend ensuite en charge le fonctionnement quotidien. Cette organisation limite les charges, sans dispenser d’un travail préalable sur la viabilité du projet et la disponibilité des bénévoles.
À Boussières, dans le Doubs, l’Épi des Loups a ainsi permis de redonner un usage à un local communal vacant. Florence Nuninger-Parizot, maire et responsable de l’épicerie, décrit un lieu qui dépasse sa fonction commerciale : les habitants s’y retrouvent pour échanger et imaginer de nouveaux projets. Le commerce devient aussi un point d’appui pour la vie collective.
D’après Bouge ton coQ !, une épicerie fédère en moyenne 75 foyers adhérents et travaille avec 20 à 25 producteurs locaux. Les produits locaux représenteraient près de 70 % de l’offre en moyenne. L’association annonce également que 90 % des épiceries accompagnées sont encore en activité trois ans après leur ouverture.
Trente projets accompagnés jusqu’à l’ouverture
Le nouvel appel s’adresse aux élus, agents de mairie ou d’intercommunalité, responsables associatifs et habitants porteurs d’une démarche collective. Quatre conditions sont mises en avant : une commune de moins de 3 500 habitants, l’absence d’épicerie, de supérette ou de commerce alimentaire généraliste, un local communal disponible ou mobilisable et l’engagement à suivre le programme. L’accompagnement couvre la mobilisation des habitants, les enquêtes locales, la constitution du collectif, la gouvernance et le modèle économique. Il se poursuit jusqu’à l’ouverture, puis par un suivi du projet. Une aide de 1 300 euros doit contribuer aux investissements de lancement : matériel, aménagements, communication ou premiers achats.
Le partage d’expériences fait également partie de la méthode. Fin septembre, à Rilhac-Lastours, en Haute-Vienne, la deuxième Rencontre nationale des épiciers participatifs a réuni 70 participants pour confronter leurs pratiques. Pour les communes candidates, l’enjeu est de construire un commerce adapté aux besoins locaux, avec un collectif capable de le faire vivre dans la durée.
Informations et candidatures : bougetoncoq.fr