Dans les villages, les épiceries suspendues à la générosité des citoyens
Bouge Ton CoQ lance une collecte nationale, dont chaque don sera doublé par 1% for the Planet, pour accélérer l’ouverture d’épiceries participatives. L’association recherche aussi 50 communes de moins de 3 500 habitants prêtes à recréer un commerce et soutenir les producteurs locaux.
En France, 62 % des communes ne disposent plus d’aucun commerce. Dans ces villages, faire ses courses impose en moyenne un trajet de 25 kilomètres aller-retour. Pour rapprocher l’alimentation des habitants, Bouge Ton CoQ mise sur un modèle participatif, sans salarié ni marge commerciale, porté par des bénévoles.
Sa campagne de dons, ouverte jusqu’au 7 octobre, bénéficie du soutien de 1% for the Planet : chaque euro versé par un citoyen sera doublé par des entreprises mécènes. Les particuliers peuvent aussi bénéficier d’une réduction d’impôt égale à 66 % du don, dans la limite de 20 % de leur revenu imposable.
Un commerce sans marge porté par les habitants
Chaque épicerie rassemble en moyenne 70 adhérents bénévoles et travaille avec 15 à 20 producteurs. Les habitants assurent à tour de rôle les permanences, l’approvisionnement et la gestion. L’absence de marge et d’intermédiaires permet de proposer des produits locaux accessibles, tout en rémunérant justement les fournisseurs. En moyenne, 70 % des produits vendus proviennent du territoire. À l’échelle du réseau, ces commerces réinjectent 5 millions d’euros par an dans l’économie rurale. Ils limitent aussi les déplacements automobiles et renforcent la résilience alimentaire.
L’épicerie dépasse rapidement sa fonction commerciale. Près d’un tiers dispose d’un café citoyen ou d’un bar et accueille ateliers, animations ou paniers suspendus. Le modèle affiche une forte pérennité : 95 % des structures sont toujours ouvertes trois ans après leur création et leur fonctionnement est à l’équilibre dès le lancement.
Cinquante nouvelles communes recherchées
L’appel à candidatures s’adresse à 50 communes de moins de 3 500 habitants. Les collectivités retenues bénéficieront gratuitement d’un accompagnement depuis la mobilisation des habitants jusqu’à l’ouverture : enquête locale, réunion publique, constitution du collectif, définition de la gouvernance et organisation logistique. Une subvention de départ de 1 300 euros financera les premiers équipements. L’association assurera ensuite un suivi pour consolider le commerce et former les bénévoles.
Le dispositif a déjà accompagné 280 villages. Quelque 250 épiceries ont ouvert en cinq ans et une quarantaine supplémentaire sont en cours. Le réseau réunit 9 000 familles bénévoles, près de 17 600 citoyens et 7 000 producteurs locaux. Pour les maires ruraux, l’enjeu est autant économique que social : recréer un service essentiel, redonner vie au centre-bourg et fédérer les habitants.